L’euro a atteint ce vendredi le cours des 1,3670 à l’heure où j’écris ces lignes. La devise européenne impressionne par sa hausse quasi ininterrompue depuis fin 2012.
Comme je vous l’écris depuis maintenant plusieurs semaines, le passage des 1,3410 est un signal d’achat fort, qui s’est confirmé après une nette accélération au-dessus de ce niveau.
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Graphique hebdomadaire EURUSD
Un euro fort : un risque majeur !
La remontée de l’euro fait cependant planer un danger sur la timide sortie de crise qui s’annonce. En effet, avec un taux de croissance faible et des perspectives peu encourageantes, la compétitivité de la Zone euro va devenir un sujet central.
Hier, Bernard Arnault, le P-DG de LVMH, s’est ému de voir la devise aussi haute, et s’est inquiété de l’impact de cette hausse pour les exportateurs français et européens.
Mais ce qui surprend le plus, c’est sans doute le silence de la Banque centrale et de son président Mario Draghi. Aucun commentaire sur le niveau de la monnaie, comme si rien ne se passait. Et mis à part le cafouillage et les contradictions entre Juncker et Weidmann la semaine passée, tout donne l’impression que l’euro est toujours livré à lui-même.
Un nouvel effet Draghi ?
Un espoir tout de même subsiste. On se souvient du “nous ferons tout pour sauver l’euro” de Mario Draghi cet été, qui avait provoqué un fort rebond des marchés alors au bord du gouffre.
Aujourd’hui, Mario Draghi parviendra-t-il à convaincre les Etats-membres de modifier l’orientation du mandat de la BCE pour l’emmener vers une plus grande action en faveur de la croissance et de la compétitivité ?
Ce qui paraissait encore improbable il y a quelques mois, pourrait devenir une réalité aujourd’hui.
Le principal blocage provenant de l’orthodoxie allemande, cette dernière pourrait être amenée à revoir son positionnement.
Avec des signaux très mitigés sur la santé de l’économie et une augmentation des exportations hors Zone euro, la question de la compétitivité devrait pendre le dessus sur la stabilité des prix.
Un assouplissement de la posture de l’Allemagne et l’implication de Draghi sur la croissance devrait aider la BCE à entrer enfin dans la guerre des devises.
EURUSD : 1,3620 et maintenant ?
Revenons-en à des perspectives concrètes. Si j’anticipais la hausse au-dessus de 1,3410, il n’en reste pas mois qu’elle me laisse perplexe. Sur l’analyse du COT de cette semaine, mon collègue Henri Baltzer illustrait déjà cette méfiance en raison de volumes relativement faibles et de résistances graphiques
Si l’on se penche sur l’indice de force relative de l’euro comparé à celui du dollar, on constate que c’est réellement la devise européenne qui se renforce. Les autres devises restent stables face au billet vert.
Graphique de force relative
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Source : forexticket.net
Ainsi, si la hausse a un potentiel vers 1,3750 puis 1,3870, une correction depuis cette zone semble inévitable pour reprendre appui sur 1,3490.
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En revanche la baisse ne pourra réellement que se mettre en place avec une déclaration d’intention de la BCE. Dans le cas contraire, l’euro, poussé par la guerre des devises, devrait aller rapidement vers 1,40$.
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Bon week-end.


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