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Qui sont les nouveaux pays émergents ? (II)

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Un seul pays émergent vous manque, et tout est dépeuplé.

C’est le type de phrase que l’on a sûrement dû entendre lors de la réunion des BRICS (Brésil, Russie, Inde, Chine et Afrique du Sud) qui s’est tenu en mars dernier à Durban. A vrai dire, d’un pays dépend en particulier la santé des 4 autres, la Chine.

Le mouvement de replis que nous avons constaté dans les pays émergents ces derniers mois s’explique par une seule grande raison, le ralentissement chinois. En effet, mis à part l’Inde, dont le modèle économique est construit sur les services, les trois autres partenaires de la Chine sont d’abord des fournisseurs de matières premières. Qu’il s’agisse de la Russie (pétrole, gaz), du Brésil (soja et fer) ou de l’Afrique du Sud (platine). C’est pourquoi les projets communs que nous avons passé en détail hier n’ont d’intérêt que dans la mesure où la Chine, principale pourvoyeuse de fonds de ces projets, sera capable de les financer.

Comprendre les pays émergents et anticiper l’émergence de nouveaux pays, c’est d’abord comprendre où va Pékin. Je vous propose de nous pencher sur l’état de la Chine actuellement. Je vous confierai ensuite trois pistes d’investissements que la trajectoire chinoise nous ouvrira.

Le piège des “revenus moyens”
Comme l’a pointé récemment un économiste chinois dans une de ses présentations au Centre de Recherche et Développement du Conseil d’Etat (DRC), appelé “perspective à 10 ans : Déclin d’un taux de croissance potentiel et début d’une nouvelle phase de croissance”, les facteurs qui ont porté la croissance chinoise ont perdu de leur vigueur ces dernières années :

  • Les infrastructures

Les investissements consacrés aux seules infrastructures ont baissé, passant de 30 à 20% sur les 10 dernières années.

  • La rentabilité

Selon l’analyse, la rentabilité du capital s’est réduite.

  • L’abondance de la main-d’oeuvre

L’exode rural qui avait fait immigrer des millions d’ouvriers non qualifiés vers les usines d’assemblages est en train de ralentir, provoquant à certains endroits une pénurie de main-d’oeuvre et une hausse des salaires.

  • Urbanisation

L’urbanisation de la population chinoise se poursuit, mais à un rythme moindre que ces dernières années. Or c’est ce phénomène qui avait soutenu les investissements dans les infrastructures, les bâtiments ou encore les transports.

On ne peut pas dire que ce ralentissement est une surprise. Les stades de développement de n’importe quel pays sont caractérisés par des critères spécifiques. Ainsi, selon l’étude, le niveau du PIB par tête auquel est arrivé la Chine correspond à l’entrée dans une phase intermédiaire, ou le revenu par tête est “moyen”, autour de 6 000 $ par an. Conséquence, l’analyse prévoit un passage de la croissance chinoise de 10% à 6,5% d’ici 2018.

Les motifs d’optimisme restent présents. Tout simplement parce que le niveau de développement actuel de la Chine est comparable à celui du Japon dans les années 1970, et de la Corée du Sud dans les années 1990. Ce qui signifie d’une part qu’il reste théoriquement quelques années de forte croissance pour la Chine, et d’autre part qu’à plus long terme, la Chine va continuer sa trajectoire ascendante pour se rapprocher du niveau des pays développés. Le PIB chinois par tête n’est encore qu’un cinquième de celui des Etats-Unis.

Comment profiter de cette croissance ?
Un nouveau modèle de développement est en train de se mettre en place. La montée en puissance de la consommation, longtemps attendue, devrait enfin arriver. La part de la consommation dans le PIB devrait passer de 48% actuellement à 56% d’ici 2022.

Titre : Structure du PIB chinois

Source : FT

Comme vous le constatez, le changement sera long à se mettre en place. Toutefois, l’opportunité d’investir sur des économies en plein boom, qui elles entrent à peine dans leurs 30 glorieuses, est possible.

L’Asie du Sud-Est, l’autre Chine
C’est pratiquement un mouvement historique. Le Japon s’est développé à partir d’un modèle soutenu par une main-d’oeuvre à bas coût et une industrie d’exportations. Une fois atteint un certain niveau, c’est la Corée du Sud et Taiwan qui se sont emparé du modèle. Puis la Chine. A présent, c’est au tour des pays d’Asie du Sud du modèle.

Ainsi les Philippines affichent aujourd’hui un modèle où se conjugue faible monnaie et faible coût du travail, qui a permis de maintenir la croissance du pays à 6,4% l’année dernière. Mieux, Standard & Poor’s a relevé l’année dernière la note de la dette du pays. Et les prévisions sont exceptionnelles également. Selon la banque HSBC, le pays devrait passer de la place de 44ème économie du monde à la 16ème en 2050.

Un autre pays est en train de défrayer les chroniques, la Malaisie. Passée inaperçue, la Malaisie est en train de concurrencer la Chine sur son propre terrain. Ainsi, lors du sommet de Durban, une analyse de la Conférence des Nations unies sur le commerce et le développement (Cnuced) a montré désormais que la Malaisie est le troisième investisseur en Afrique, derrière la France et les Etats-Unis, mais devant la Chine.

Cette performance s’explique comme pour la Malaisie par sa capacité à conserver un taux de croissance élevé en 2012, alors même que les marchés importateurs ralentissaient. Il faut cependant souligner que c’est le pétrole qui a apporté à la Malaisie une importante part de sa croissance (40% du budget du gouvernement).

Mon conseil
Bien sûr, il existe les investissements sur les compagnies locales du pays, qui sont de mieux en mieux gérées. Pour les quelques investisseurs qui disposeraient d’une exposition à la bourse malaisienne, le groupe pétrolier Pétronas (6033:KL) est en train de se muer en majors du pétrole, et est une cible intéressante.

Pour ceux qui voudraient une exposition plus sécurisée aux pays d’Asie du Sud-Est, un autre moyen est d’investir sur une compagnie occidentale dont le chiffre d’affaires directement tiré de l’Asie est supérieur à 50%. Cette compagnie vous permettra d’avoir une bonne exposition à cette région.

Encore plus sûr et facile d’accès, vous pouvez décider d’investir sur des ETF par pays. Les Publications Agora ont consacré un rapport spécial entièrement consacré aux opportunités qu’offre cette région du monde aujourd’hui. Vous recevrez davantage de détails en commandant ce rapport.

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Florent Detroy

Rédacteur en Chef de Matières à Profits
Florent Detroy est journaliste économique, diplômé de Science Po Grenoble.

Spécialiste des matières premières et des pays émergents. Florent Detroy a en particulier une connaissance approfondie de l'ensemble de la chaîne industrielle des matières premières – des pays producteurs aux marchés de consommation.

Pour comprendre les ressorts des marchés, il n'hésite pas à se rendre dans les confortables bureaux londoniens des négociants en commodities comme dans les plaines inhospitalières d'Asie Centrale ou dans les nouvelles mégalopoles asiatiques.

Aujourd'hui, il se consacre au conseil pour particuliers en tant que rédacteur en chef de Matières à Profits. Son but : vous ouvrir les portes du marché des matières premières. Faites-lui confiance.

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