1 300 ! C’est désormais le nombre d’automobiles parmi lesquelles le consommateur chinois devra choisir lorsqu’il décidera de troquer son vélo contre une 4 roues. 1 300, c’est le nombre de modèles qui ont été présentés le 21 avril 2013 lors du Salon de l’automobile de Shanghai. On comprend l’appétit des constructeurs. En 2012, la croissance du marché auto a crû de 8%, pour représenter la vente de 19 millions de véhicules.
Le chemin parcouru est long, depuis le temps où le vélo faisait parti des trois seules richesses que le Chinois lambda pouvait se payer, au côté de la machine à coudre et de la montre. Désormais, Chrysler ou Peugeot volent plus vite que le “pigeon volant”, du nom de la compagnie d’Etat qui construisait les vélos sous Mao.
Si les constructeurs se frottent les mains, cette progression de la demande est en train de poser un problème aux équipementiers. La progression du marché, tirée qui plus est d’abord par les 4X4 et les HUV, entraîne vers le haut la demande en palladium, ce métal indispensable aux pots catalytiques (deux tiers de la demande). Or l’offre de métal n’est pas sûre de suffire. Pire, à l’avenir, l’introduction de normes environnementales va amener les constructeurs à utiliser de plus en plus de palladium pour limiter les émissions.
La Chine verdit son parc auto
Au tournant des années 2000, le palladium avait déjà franchi le cap des 1 000 $ l’once sous l’impact des réglementations européennes. Aujourd’hui, la Chine pourrait une nouvelle fois faire exploser les cours. Pour comprendre la situation dramatique du marché du palladium, je vous propose tout de suite d’abandonner deux idées reçues : l’économie chinoise décline, et l’écologie est défavorable à l’automobile.
La première affirmation est basée sur les récents chiffres en provenance de Chine, notamment le passage sous les 50 points de l’indice manufacturier PMI. Pourtant les ventes automobiles en Chine ont augmenté de 4,3% l’année dernière, et pourraient progresser de 8% par an jusqu’en 2020 selon le cabinet d’analyse McKinsey. Le marché intérieur est tout simplement en train de prendre le relais.
Ensuite, l’Etat chinois a effectivement essayé de mieux encadrer le trafic automobile, afin de réduire ses conséquences sur la qualité de l’air. Depuis le 1er mars, la Chine a introduit la norme National V, basée sur la norme Euro V. Cette norme limite les émissions de soufre notamment. Cette mesure va automatiquement renchérir le coût des automobiles (surcoût estimé à 2 000 yuans, soit 245 euros).
Est-ce que les Chinois vont revenir vers le vélo ? C’est peu probable. La réponse des constructeurs a été simple, ils ont commencé à proposer des modèles plus propres. Alors que les ventes de voitures électriques stagnent encore dans les profondeurs, BMW va lancer en 2014 un modèle haut de gamme écologique. Le boulevard est ainsi grand ouvert aux constructeurs étrangers, puisque seulement 27% des voitures respectant les normes National V sont chinoises.
Ventes en hausse et meilleur contrôle de la pollution, tout concourt pour faire exploser les cours du palladium.
Palladium, bon marché mais peu disponible
Longtemps le palladium est resté en retrait face au platine. Et encore aujourd’hui, l’once de palladium se négocie autour de 700 $, contre 1 400 $ pour le platine. La raison est simple, le platine était dans les années 1990 le seul des platinoïdes à être efficace pour équiper les pots catalytiques et répondre aux normes Euros I & II. Le tournant vers le palladium a commencé récemment.
L’année dernière, Rainaldo O’Meara du cabinet d’étude de référence sur le marché des platinoïdes Johnson Matthey, déclarait que “dans le passé, les véhicules diesel consommaient du platine et seulement du platine dans leur système de catalyse, mais ces dernières années, alors que la technologie s’est améliorée, nous avons constaté un mouvement de substitution“. Ainsi les constructeurs commencent à se tourner vers le palladium, métal bien moins cher.
Si le problème de la demande a ainsi été réglé, c’est du côté de l’offre que les problèmes ont commencé à apparaître. Car le marché du palladium n’est pas un havre de paix.
Russie et Afrique du sud, attention danger
L’année dernière, l’offre de palladium s’est réduite de 4%, alors que la demande a augmenté de 5%. Il a manqué alors 1,12 million d’onces au marché. La raison est simple, elle vient des perturbations qui ont touché l’offre minière. En 2012, des grèves ont enflammé les mines sud-africaines, et ont fait reculer de 10% les exportations de palladium du pays. Or Johannesburg produit un tiers du palladium mondial, et possède surtout 95% des ressources selon l’USGS. S’il faut s’attendre à de nouvelles perturbations sur ce marché, la production devrait pourtant continuer à progresser cahin-caha, Johannesburg ayant tout intérêt à fournir du travail à ses mineurs.
Cette logique n’est pas forcement vraie pour la Russie, le premier producteur mondial (40%). Selon le cabinet GFMS, la production russe a baissé de 3%. La faute d’abord à la baisse des ventes de palladium issues des stocks stratégiques russes de 50% entre 2011 et 2012. Or ces ventes devraient à nouveau baisser dans les années à venir, même si le niveau de ces stocks reste un “secret d’Etat” selon l’analyste de GFMS William Tankard. Les stocks pourraient même être complètement épuisés cette année même.
Le seul métal en hausse en 2013
Ce n’est pas un hasard si le palladium est le seul métal en hausse cette année, de 7,2% depuis le premier janvier. Les marchés s’attendent à de fortes tensions. Les pistes pour profiter de ce marché sont peu nombreuses, mais elles existent.
Le problème du marché du palladium est que les principaux producteurs sont installés dans des pays instables, à savoir l’Afrique du Sud et la Russie. Pour profiter directement de la hausse du palladium, vous pouvez garder un oeil sur la minière basée en Afrique du Sud Anglo American Platinum (AGPPY : OTC Pink). Victime d’une baisse de 4% de ses ventes de palladium cette année, sa production a recommencé à progresser cette année. Côté russe, le choix est mince, puisque Norilsk Nickel (GMKN : MCX) détient pratiquement le monopole de la production minière.
Matières à Profits a investi dès l’année dernière sur une des seules minières palladium positionnée dans unpays stable. En hausse de 10% dans le dernier portefeuille de MAP, il est encore temps de monter à bord. Pour plus de détails, abonnez-vous à Matières à Profits.
Synthèse de l’évolution du cours des matières premières
Tableau de variation des cours
| Cours à 3 mois |
Vendredi 24/05/2013 |
Vendredi 31/05/2013 |
Variation hebdomadaire |
|
En $ |
En $ |
En % |
|
| Aluminium | 1 847 | 1 898 | 2,76% |
| Cuivre* | 7 275 | 7 312 | 0,51% |
| Plomb* | 2 057,50 | 2 207 | 7,27% |
| Nickel* | 14 835 | 15 752 | 6,18% |
| Etain | 21 150 | 20 850 | -1,42% |
| Zinc* | 1 856,50 | 1 907 | 2,72% |
| Acier | 150 | 150 | 0,00% |
| Pétrole light (New York 1 mois) |
93,54 | 92,73 | -0,87% |
| Or (spot Comex) | 1 392 | 1 395,60 | 0,26% |
| Argent spot Comex) | 22,59 | 22,63 | 0,18% |
| Platine (spot Comex) | 1 557 | 1 475 | -5,27% |
| Palladium (spot Comex) | 730 | 755 | 3,42% |
| Blé (le boisseau sur le Cbot) |
6,97 | 7,12 | 2,15% |
| Maïs (le boisseau sur le Cbot) |
6,57 | 6,674 | 1,58% |
| Soja (le boisseau sur le Cbot) |
14,756 | 13,272 | -10,06% |
* cours en $ la tonne sur le LME à trois mois


Laissez un commentaire