Les marchés voient rouge. La pression monte. Que faire ?

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leadimg

La Grèce et les Etats-Unis inquiètent. Les marchés financiers daignent exceptionnellement entrouvrir l’oeil pour regarder la réalité en face. Entrouvriront-ils l’autre ? Ou vont-ils s’empresser de le refermer à nouveau ?

Difficile à dire. Nous le saurons dans les prochains mois. En attendant, c’est le grand retour de la macro-économie sur le devant de la scène. Armez-vous et restez prudent.

Côté Grèce : nous sommes dans une impasse dangereuse
Je résume la situation grecque :

- un ratio dette/PIB de 144%

- un déficit budgétaire de 11% en 2010

- une fraude fiscale généralisée

- et un euro qui plombe mortellement l’économie déjà moribonde

Moody’s tire à nouveau la sonnette d’alarme et dégrade de trois crans (encore !) la note de crédit du pays : “il y a un risque réel que la Grèce ne rembourse pas sa dette”, nous dit Moody’s.

D’ailleurs, le FMI en est le premier convaincu. Voilà pourquoi il est si peu enclin à prêter à la petite fourmi…

De toute façon, remettre 50 à 60 milliards dans le tonneau des Danaïdes grec ne fera que reporter le problème dans le temps. Car la dette grecque gonfle de 30 milliards par an…

Il n’y a probablement que deux solutions à moyen terme

- Soit le pays sort de l’euro : “vive la drachme” !

- Soit il y a restructuration. Elle me paraît inévitable. Les investisseurs privés devront “encaisser” la perte, à hauteur de 50% de leurs créances environ.

Les banques européennes, dont les bilans truffés de dettes grecques, refusent de voir la réalité en face. Et pour cause ! Imaginez un instant l’impact des provisions qu’il faudrait alors passer, sur les bilans des banques et leurs ratios prudentiels. Déjà que les banques sont sous-capitalisées !

Et que penser des CDS ?
“Vous savez, ces produits dérivés disséminés dans les banques et censés assurer contre une défaillance. 300 milliards d’euros de dette obligataire grecque sont ainsi assurés, pour 5,3 milliards de CDS”, nous dit Simone Wapler dansl’Investisseur Or & Matières.

“Restructurer la dette, c’est déclencher les CDS. Or les émetteurs (les banques) n’ont absolument pas les moyens de les payer la dette grecque aux créanciers s’ils font jouer leur assurance”.

En clair et sans décodeur : le CDS est un risque systémique.

Pendant ce temps… Coup de tonnerre en Irlande !
“L’Irlande veut imposer une restructuration hard“, poursuit Simone Wapler. “Trois grandes banques irlandaises ont pris les devants mercredi : elles veulent rembourser aujourd’hui 10% à 20% de leurs dettes à leurs créanciers (nous parlons des dettes subordonnées, soit quelque trois milliards d’euros). Un point c’est tout.

La Banque centrale irlandaise soutient cette proposition, tout comme le gouvernement et toute la population.

Bien sûr, les banques ne peuvent pas imposer unilatéralement une restructuration aussi violente à leurs créanciers, qui perdraient immédiatement 80% à 90% de leur mise. Mais le gouvernement a été très clair : il veut épauler ses banques et imposera cette décision par tous les moyens.

Les Irlandais ne veulent pas supporter la responsabilité des erreurs des financiers. C’est à eux “d’encaisser”. Un message clair, qui en dit long.

Les Etats-Unis vont-ils perdre leur triple A ?

- Ralentissement économique

- Créations d’emplois qui s’essoufflent — on attend le chiffre cet après-midi

- Chiffres de l’immobilier qui repartent à la baisse

- Confiance des consommateurs qui se cherche

- Coup de frein sur l’activité manufacturière et net repli des ventes automobiles

- Inflation en hausse avec un prix de l’essence à la pompe franchement déprimant pour ce pays qui n’est pas habitué à payer cher l’essence…

Autant de signes inquiétants, annonciateurs d’un ralentissement du rythme de la croissance américaine. Ce qui est d’autant plus ennuyeux que la perfusion au QE2 s’arrête dans 15 jours.

Et voilà que Moody’s crie haut et fort que les Etats-Unis pourraient perdre leur triple A s’ils ne trouvent pas rapidement une issue à l’impasse budgétaire dans laquelle ils sont coincés…

Que faire dans un tel environnement ?
Voilà quelques semaines que je recommande dans ces colonnes de relever vos stops, de prendre partiellement vos bénéfices, et de rester cash pour la partie ainsi dégagée. Elle sera utile pour revenir sur le marché à bon compte le moment venu.

Et pour les positions toujours ouvertes en portefeuille ? Que faire, me demandez-vous régulièrement
Il faut rester prudent tant que la visibilité reste insuffisante. Alors couvrez votre portefeuille pour le protéger.

Car comme j’ai l’habitude de le répéter, celui qui in fine sort gagnant en Bourse, n’est pas celui qui gagne le plus, mais celui qui aura su protéger son portefeuille dans les périodes de repli.

C’est ce que nous nous appliquons à faire à l’Investisseur Or & Matières. Nous avons gagné beaucoup d’agent avec les minières ces dernières années. Aujourd’hui, l’heure est à la couverture. Il est essentiel de s’avoir s’adapter en Bourse. Et ça marche.

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Isabelle Mouilleseaux

Isabelle Mouilleseaux rédige chaque jour l'Edito Matières Premières & Devises (Publications Agora), une lettre internet gratuite consacrée au marché des matières premières et au marché des devises. Passionnée depuis toujours par la Bourse et par tous les marchés financiers, Isabelle s'est spécialisée dans les matières premières et veut permettre à l'investisseur particulier de découvrir et de comprendre l'investissement sur ce marché , ainsi que celui du Forex.
 
L'Edito Matières Premières & Devises est bien plus qu'une chronique quotidienne. C'est un pôle d'activités centré sur les matières premières et les devises qui vous donne les moyens de suivre et de maîtriser ces marchés ! Vous y trouverez des conseils, des opinions, et des avis d'experts. Vous pouvez recevoir gratuitement l'Edito Matières Premières & Devises en cliquant ici.

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