Le dollar est-il condamné ? Pas si sûr !

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La dette américaine se creuse
Vous le savez, nous le répétons depuis des mois, le dollar perdra un jour son rôle majeur dans les échanges internationaux.

L’endettement américain financé en partie par les achats d’obligations de la Chine n’a jamais été aussi profond. Barack Obama a beau affirmer ne pas être inquiet de l’attitude des Chinois et se dire confiant en ses créanciers, il n’en reste pas moins que la situation devient extrêmement tendue. D’ailleurs, le seul fait que le président l’aborde dans un discours officiel est un signe négatif.

Concernant la stabilisation de la dégradation de l’économie et le dynamisme des Etats-Unis pour s’en sortir au plus vite, les doutes s’amoncellent au-dessus du roi dollar.

La conjoncture se dégrade toujours…
En effet hier, le cabinet ADP annonçait une nouvelle fois plus de 530 000 destructions de postes pendant que le chiffres du mois dernier étaient revues à la baisse à 541 000 au lieu des 490 000 initialement annoncées.

Dans ces conditions, alors que plus de six millions d’Américains se retrouvent sans travail et que des milliers d’autres se retrouvent à la rue, incapables de répondre à leurs obligations de remboursement, le ralentissement de la dégradation paraît "anecdotique". N’ayons pas peur de le dire : la situation se dégrade.

Même M. Bernanke, du haut de son hélicoptère chargé de billets verts, lance un cri d’alarme sur la dette américaine… Sincère inquiétude ou annonce politiquement correcte envers ses partenaires commerciaux afin de les assurer que la dette est bien l’objet de toutes les attentions ? Difficile à savoir…

La seule certitude est que les Etats-Unis ne rebondiront pas aussi vite que l’on croyait.

Mais pourtant…
Mais pourtant, aucune alternative sérieuse au dollar ne ressort pour les échanges commerciaux internationaux et il faut bien admettre que la devise américaine a encore de beaux jours devant elle.

La Chine, malgré ses avertissements, n’a aucun intérêt à lâcher les Etats-Unis, car tout simplement pour l’instant et malgré l’explosion de la dette américaine, les Etats-Unis restent sans doute le terrain le plus attractif pour les étrangers cherchant à placer des liquidités.

Je pense donc que la Chine et les Etats-Unis resteront étroitement liés et que malgré les effets d’annonces, les bons du Trésor américain restent bien plus sûrs que d’autres obligations, dont les européennes.

La faillite guette l’Europe
Il ne faut pas se voiler la face, la Zone euro creuse également son déficit mais bien plus dangereusement.

D’un côté, les tensions sont vives entre partisans de la rigueur et partisans de l’assouplissement des règles budgétaires de la Zone euro. Ces tensions purement nuisibles n’empêchent pas la dette ; pire, ils en réduisent son efficacité car les moyens sont dispersés entre les nations et aucune action homogène n’est mise en oeuvre. Le match entre Christine et Angela en dit long…

De l’autre, l’exposition au risque s’est confirmée hier avec la déclaration des autorités lettones, qui sont confrontées à une situation explosive entre contestations populaires et restrictions imposées par le FMI et qui ont évoqué une possible faillite de l’Etat dès cette année. Inutile de vous dire que leurs emprunts obligataires ne trouvent pas preneur…

Ainsi, aucun partenariat privilégié comme l’axe Etats-Unis/Chine ne garantit la solvabilité de la Zone euro qui, au final, dispose d’une marge de manoeuvre beaucoup plus étroite que les Etats-Unis couplée à une réactivité très faible.

L’euro fragile…
Je vous alors propose de nous pencher sur l’euro/dollar qui pourrait être en train de terminer un cycle de hausse et ainsi s’exposer à une correction.

Graphique quotidien EUR/USD

Après une première tentative, l’euro n’a pas totalement invalidé le "W" qu’il a formé en début d’année.

Cependant, j’estime peu probable une rupture franche des 1,4500 qui constitue la principale résistance et serait alors un signal d’achat.

Graphique horaire EUR/USD

La récente hausse pourrait donc faire une pause et voir le cours revenir sur 1,3990 puis aux alentours de 1,37.

Il faut se souvenir qu’à la fin d’année dernière, l’euro avait déjà testé les 1,45 avant de revenir sur ses plus bas. Par conséquent, il faudra rester très prudent sur un marché Forex en totale ébullition !

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Jérôme Revillier

Rédacteur en Chef de FxProfitTrader
Passionné de finance et autodidacte, Jérôme Revillier dirige aujourd'hui une société de gestion spécialisée sur le marché des changes. Il collabore avec des investisseurs particuliers avertis, des institutionnels ou encore des hedge funds cherchant de la performance absolue.

Vous pouvez croiser Jérôme sur des salons comme Actionaria, le salon du Trading ou le salon de l'Analyse Technique – il parcourt aussi la France, la Suisse et la Belgique pour rencontrer les investisseurs et leur faire partager son approche bien particulière des marchés. Quelques traders privilégiés suivent ses recommandations dans le cadre de FxProfitTrader.