Les importations chinoises de cuivre en hausse
Le métal rouge, qui donne le ton au complexe des métaux de base, a vu son cours bondir la semaine dernière de plus de 8%.
Les Chinois, fort de leur plan de relance de 586 milliards de dollars destiné aux infrastructures, reconstituent leurs stocks stratégiques de cuivre. Ils ont annoncé vouloir importer 300 000 tonnes de métal rouge.
Sur janvier, les importations de métal rouge étaient en hausse de 41% selon la China Metal Industry Association.
A plus long terme, le spécialiste européen du secteur minier Trafigura Beheer BV, estime que la demande de cuivre de la Chine devrait croître de 37% en 2009.
La problématique du cuivre en Chine
La Chine est de loin le plus gros consommateur de cuivre de la planète puisqu’elle ingurgite environ 1/3 de la production mondiale. En 2006, elle a produit 845 mille tonnes, raffiné 3 millions de tonnes de cuivre et consommé 3,7 millions de tonnes.
Pour faire face à sa boulimie, elle a trois stratégies :
Accroître sa production minière de cuivre pour ensuite le raffiner et le consommer ; importer du cuivre brut pour le raffiner en Chine et satisfaire la demande ; ou importer carrément du cuivre raffiné.
Pour mémoire, il faut extraire de la mine le minerai de cuivre, c’est-à-dire la roche à faible teneur en cuivre. Ensuite, on traite le minerai pour extraire le cuivre de la roche, puis le concentrer. C’est le raffinage. On peut alors l’utiliser dans l’industrie.
Extraction et raffinage : il y a déficit de production à tous les niveaux
Malheureusement, la production de cuivre en Chine est très insuffisante, la Chine importe donc énormément de ce métal brut. Et même avec ces importations, la production chinoise de cuivre raffiné n’arrive pas à suivre la demande de cuivre raffinée — en rythme de croissance avant la crise. Il y a déficit de production à tous les niveaux.
Alors la Chine, pour réduire sa dépendance aux importations, achète et investit dans les mines de cuivre de la planète entière.
Cap sur les mines de cuivre internationales
Je vous le disais la semaine dernière, les Chinois ont lancé une offensive mondiale impressionnante pour assurer leur besoins futurs en énergie et en métaux. Investissements directs, accords et partenariats commerciaux… tout est bon.
Depuis le 1er janvier, ils ont dépensé quelque 22 milliards de dollars à l’étranger pour assurer leurs approvisionnements futurs. Soit 40% de plus qu’en 2008 sur la même période.
Et le cuivre se taille une belle part dans ces investissements, après le pétrole.
Le deal entre Chinalco et Rio Tinto dont je vous ai longuement parlé, comportait un grand nombre de prises de participations directes dans des mines de cuivre.
Côté production, la carte maîtresse est entre les mains du Chili
La production chilienne de cuivre, de loin le premier pays producteur de cuivre avec 36% de la production mondiale — loin devant les Etats-Unis (8%), le Pérou (6,7%) et l’Australie, l’Indonésie et la Chine, respectivement environ 5% — est en repli en janvier 2,5% par rapport à la production de janvier 2008.
Dernier point, le stock de cuivre atteint un point haut sur le LME, ce qui pèse sur les cours. Actuellement, le stock s’élève à 548 000 tonnes de cuivre contre 146 000 il y a un an.
Regardez, le stock a décollé en septembre dernier avec la chute soudaine et violente de la demande. On est alors passé au-dessus de 200 000 tonnes de stock.
Graphiquement ?
Reprenons le cours du cuivre : après avoir touché un point bas en décembre à 2 854 $ la tonne, le cuivre — qui cotait 8 850 $ en juillet — s’est repris.
Le point positif : la tendance baissière, qui a dominé depuis l’été dernier, est momentanément interrompue.
Mais depuis janvier, le cours du cuivre est coincé dans un range compris entre 3 060 $ et 3 650 $, dont il n’arrive pas à s’extraire pour l’instant.

