La Grèce ? Une bombe potentiellement systémique en puissance

La Zone euro est sur le grand plongeoir.

Devant :
le vide, le saut de l’ange, le grand saut fédéral… Des volontaires ? Y a-t-il de la testostérone dans les rangs ?

Derrière
: l’échelle qui permet de “faire demi-tour”… L’espoir du “Comme au bon vieux temps…“, l’opium des peuples… Même pas en rêve.

Lourde responsabilité de nos élites
Pendant que la Zone euro se délite nos élites se “chamaillent” et clivent… même l’axe franco-allemand structurant bat de l’aile.

Depuis des mois nous achetons du temps à coups de centaines de milliards d’euros. Mais rien n’a été fait sur le FOND. Nous pansons au lieu d’opérer.

Devant l’incapacité des politiques à proposer un projet européen “vendeur” de long terme, auquel nos populations “sans vision ni espoir” pourraient se raccrocher, ces dernières perdent pied et se réfugient dans les extrêmes.

Vous ne pouvez pas faire accepter de lourds sacrifices aujourd’hui à une population, sans la persuader en amont que tout ceci débouchera sur un futur meilleur. Elle a besoin de Sens, de raisons de croire.

Aujourd’hui elle n’en a pas.

Et nous risquons de mettre en danger nos démocraties.

Nous sommes au bord d’une crise systémique. Un Lehman Brother puissance 10
Deux menaces majeures devant nous :

La Grèce pourrait sortir de l’euro le 17 juin
Or personne n’est capable de prédire les conséquences financières et économiques mondiales d’une sortie de la Grèce de l’euro.

Ce pourrait bien être “le battement d’aile du papillon” qui déclenche le “tsunami”. N’avons-nous pas frôlé le pire avec la “petite” banque Lehman ?

La Grèce, c’est un Lehman puissance 10. Et c’est bien plus qu’un risque potentiel à 1 000 milliards d’euros d’euros.

Rien que le krach boursier qui pourrait en découler peut faire partir des milliers de milliards de dollars en fumée en un temps record. Ajoutez l’impact récessif sur les économies… et surtout le risque bancaire :

Les Grecs retirent leur argent des banques
Depuis le début de la crise, ils ont retiré l’équivalent d’1/3 de leur PIB. Et des rumeurs de bank run touchent à présent le Portugal et certaines banques espagnoles. Quel est le risque si ce phénomène de défiance se poursuit ?

Risque potentiel de “faillite du système bancaire” local d’abord, et européen par répercussion et imbrications (Target 2 et engagements croisés).

Et comme les banques SONT la courroie de transmission directe vers les Etats, cela pourrait mener à l’implosion de l’euro, la dépression économique et la déflation…

Car oui. Ce sont nos banques qui financent le train de vie de nos Etats, très “aux petits soins” de leurs banques. Forcément.

Marchés, banques, financement des Etats, budgets nationaux… Tout est lié, croisé, imbriqué. Et c’est pour cela que le risque est systémique.

Nous n’en sommes pas là. Heureusement.

Mais les craintes d’en arriver là sont palpables :

L’euro est pris en étau de toutes parts…
Les marchés boursiers et l’euro piquent du nez. Pour un investisseur :

Incertitudes/manque de visibilité = Volatilité = Risques de perte = Je me désengage.

Côté US, les fonds de pension vendent l’euro à tour de bras. Pas question de mettre à risque les retraites futures de leurs adhérents.

Rapatriement des capitaux vers les US.

La perte de confiance dans l’euro est donc DOUBLE :
- elle est interne à la Zone euro : bank run ET refuge sur le BUND (taux 0 !) ;
- elle est externe à la Zone euro : désengagements internationaux ; jamais il n’y a eu autant de positions vendeuses sur l’euro.

L’euro est pris en étau de toutes parts…

Vous êtes nombreux à nous demander que faire.

Vous connaissez déjà ma réponse si vous me lisez régulièrement :

Cash is king
et mise en place de couvertures :
- réduction de l’exposition aux marchés ;
- couvertures contre le risque de chute des indices actions ;
- hedge contre le dérapage de l’euro face au dollar.

Et l’or ?

J’attendrais d’abord une stabilisation (voir mon article de la semaine dernière)

En attendant, restez à l’écoute

Author Image for Isabelle Mouilleseaux

Isabelle Mouilleseaux

Isabelle Mouilleseaux rédige chaque jour l'Edito Matières Premières & Devises (Publications Agora), une lettre internet gratuite consacrée au marché des matières premières et au marché des devises. Passionnée depuis toujours par la Bourse et par tous les marchés financiers, Isabelle s'est spécialisée dans les matières premières et veut permettre à l'investisseur particulier de découvrir et de comprendre l'investissement sur ce marché , ainsi que celui du Forex.
 
L'Edito Matières Premières & Devises est bien plus qu'une chronique quotidienne. C'est un pôle d'activités centré sur les matières premières et les devises qui vous donne les moyens de suivre et de maîtriser ces marchés ! Vous y trouverez des conseils, des opinions, et des avis d'experts. Vous pouvez recevoir gratuitement l'Edito Matières Premières & Devises en cliquant ici.

Laissez un commentaire

En soumettant votre commentaire, vous acceptez de respecter notre politique de commentaires.