Le 1er avril, les tarifs réglementés du gaz naturel ont augmenté de 10%, soit la première fois depuis deux ans. Cette évolution reste bien éloignée de celle des prix sur le marché, comme nous allons le voir.
Une chute vertigineuse
Sur le Nymex, marché de référence pour le gaz naturel dans le monde, les prix ont dévissé de près de 80% entre juin 2008 et septembre 2009. Malgré un rebond de 50% depuis, ils restent à plus de 60% de leurs plus hauts de 2009.
Pendant ce temps, ils n’ont quasiment pas bougé pour le consommateur en Europe !
Contrats indexés sur le prix du pétrole
Et pour cause, les acheteurs de gaz, GDF Suez, ENI, E.On ou Centrica, ont souscrit des contrats à long terme sur le prix et les volumes. Ils sont fondés sur un volume annuel que vous devez payer, même si vous ne le consommez pas, à un prix indexé sur celui du pétrole !
Mais, avec la récession de ces dernières années, les acheteurs se sont retrouvés avec des excédents sur les bras, n’hésitant pas à les brader sur les marchés, accentuant la pression à la baisse sur les prix du gaz. Cela a amplifié la correction.
Le boom du gaz de schiste
Piégé dans des fissures millimétriques de massifs rocheux et non extrait du pétrole, le gaz de schiste est devenu rentable ces dernières années grâce à de nouveaux procédés d’extraction. En outre, il est disponible en quantités abondantes, notamment en Amérique du Nord, où les réserves prouvées de 28 km3 sont supérieures à celles du gaz conventionnel. Enfin, son extraction pourrait quadrupler d’ici à 2030.
Décorrélation brut – gaz
Cette nouvelle ressource explique donc également la décorrélation récente des évolutions des prix du pétrole et du gaz.
Pendant ce temps, les acheteurs réclament une remise à plat des contrats à long terme après la baisse des cours, mais les fournisseurs, le norvégien Statoil, l’algérien Sonatrach et, surtout, le géant Gazprom, ne veulent rien entendre. Même s’ils acceptaient finalement une révision des prix, ce serait peut-être au pire moment, alors que le prix du gaz reprend le chemin de la hausse à moyen terme, comme cela est expliqué ici…
Le cours du gaz reprend le chemin de la hausse à moyen terme
Après une chute violente entre 2005 et 2009, les prix du gaz sont revenus s’appuyer sur une droite de tendance à long terme à 2,50 $ qui a pris naissance en 1991 (non visible sur mon graphique).
Ils pourraient ainsi avoir terminé leur correction sur cette échelle de temps. Les indicateurs mathématiques, en particulier le RSI, ont montré des divergences haussières dès le début de l’année 2009, nous alertant sur l’essoufflement de la baisse et sur un rebond significatif à venir.
Les indicateurs techniques confirment
Depuis ce point bas de l’année dernière, la reprise haussière des cours a d’ailleurs été violente, les faisant passer de 2,5 à 6 $ en quelques mois, de septembre à janvier.
De janvier à mars, nous avons ensuite retracé ce premier mouvement de hausse d’un peu plus de 50%, pour revenir près de 3,90 $ actuellement. Le RSI vient maintenant s’appuyer sur son oblique ascendante, confirmant le maintien de la dynamique haussière sur les prix.
Mes objectifs à moyen terme ?
Il faudra être conscient qu’il s’agit d’un actif très volatil, comme l’illustrent les derniers mouvements, mais au potentiel exceptionnel.
Au-dessus de 3,50 $, qui correspondent au retracement de 61,8% de la progression de septembre 2009 à janvier 2010, la tendance à moyen terme reste haussière. Profitez donc des cours actuels (4,72 $) pour acheter, en plaçant votre stop juste au-dessous de 3,50 $.
Une reprise de la progression peut donc être envisagée en direction de la résistance horizontale de 6 $ (c’est mon premier objectif), ancien plus-haut de janvier. Soit un potentiel de gain à 27%.
Et surtout, en cas de dépassement de celle-ci, nous assisterions à une nouvelle accélération haussière fulgurante, avec en ligne de mire 9 $. Soit un potentiel de gain à 90% par rapport au cours actuel.

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