Après la BCE, les politiques parviendront-ils à pousser l’euro encore plus haut ?
Le sommet européen qui se tenait hier avait pour but, comme l’a répété notre président, d’avancer sur l’union bancaire…
C’était sans compter sur la communication pointue d’Angela Merkel qui n’a eu de cesse de répondre tout la journée par petites phrases interposées à François Hollande.
Elle a ainsi insisté sur l’importance de l’union budgétaire et de la nécessité de prendre son temps pour bien faire les choses du côté du secteur bancaire. Exactement l’inverse du dirigeant français…
C’est finalement un accord sur un calendrier de mise en place de la supervision bancaire qui a été conclue, envoyant une image de sommet réussi, au moins sur la forme.
Des divergences demeurent
Mais cet accord va dans le bon sens, mais montre tout de même les limites de l’entente européenne et promet un chemin long et douloureux.
Merkel, à moins d’un an d’une échéance électorale importante, ne peut pas se permettre d’en demander plus au parlement allemand au risque de se voir déstabiliser même dans son propre camp.
Au contraire, en demandant ni plus, ni moins, un droit d’ingérence sur les budgets gouvernementaux pour un super commissaire européen doté d’un droit de véto, elle veut marquer les esprits et ancrer sa position rigoureuse.
Hollande a poliment rejeté l’idée à plus tard, ou plutôt à jamais.
Danger dans la rue
Et la construction européenne continue donc sa longue marche forcée mais semble buter inlassablement contre ce problème de souveraineté. Tout le monde veut une Europe, mais une Europe à son image, garante de ses propres intérêts.
Et si les dirigeants politiques continuent de gagner du temps sans réellement parvenir à avancer efficacement, la grogne sociale, elle, est bien là.
Nourrissant les partis extrêmes, le protectionnisme et la tension inter-communautaire, l’austérité montre aujourd’hui ses limites.
Comme je l’écrivais dans ces même colonnes il y peu de temps, les banques centrales ont jeté leurs dernières cartouches en promettant des liquidités illimitées dans le temps et en quantités astronomiques.
Aujourd’hui la balle est dans le camp des politiques, qui semblent, à l’image de l’équipe de France de football, se réjouir de leurs matchs nuls…
Et si on essayait plutôt d’aller au but ?
L’euro, pris en étau
Alors que notre président défend sa vision de l’Europe unifiée, pendant que son ministre du redressement productif appelle au protectionnisme et caricature-le made in France en marinière (voir la une du Parisien), la monnaie unique, elle, hésite désormais à aller plus haut.
L’euro pris au piège entre les espoirs de soutien à l’Espagne et à la Grèce (illustrés par des taux d’emprunts espagnols au plus bas depuis 6 mois) et la réalité de la conjoncture qui ne cesse de se dégrader dans tous les pays européens, dont l’Allemagne.
Au-delà d’effets d’annonce, il me semble difficile de voir l’euro aller beaucoup plus loin dans la hausse, même si tous les excès sont possibles.
EURUSD : Zone clé à 1.3050
Après un nouveau test de la résistance hebdomadaire à 1.3135 qui avait déjà été touchée à la mi-septembre, l’euro amorce un repli à l’heure où j’écris ces lignes vers un support déterminant à 1.3050/1.3010.

Graphique EURUSD – Quotidien
Même si mon sentiment baissier demeure comme je l’ai écrit à maintes reprises, je ne peux, d’un point de vue purement technique, écarter un nouveau rebond vers les plus haut à 1.3180, voire même 1.3250.
Je préconise donc d’être très patient et, pour les plus actifs d’entre vous, de tenter des achats sur repli sur les zones de support à 1.3010 et 1.2950 pour viser la poursuite les 1.29 et 1.32.
A moyen-terme, je privilégie toujours la baisse, et ce tant que nous restons sous 1.33$ ;
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