Je vous propose une édition un peu particulière qui, à n’en pas douter, retiendra votre attention.
L’objectif ? Aborder un plus grand nombre de sujets.
Au menu du jour : fer, entrepreneurs et… une petite surprise en provenance d’un contact berlinois.
“La France pourrait totalement étouffer son faible esprit entrepreneurial”…
Ce n’est pas moi qui le dit, mais la très respectée Frankfurter Allgemeine Zeitung (FAZ pour les intimes), l’équivalent de notre Monde.
“Entrepreneurs, un assassinat en règle“, titre L’Expansion. Le poids des mots…
Même le Financial Times s’émeut. De quoi parle-t-on ?
Entre autres : le projet de loi de finance 2013 prévoit une taxation supérieure à 60% des plus-values de cessions de parts d’entreprises (qu’on a créé OU financé à ses risques), contre 28% en Grande-Bretagne, 26,4% en Allemagne, 0% en Belgique…
Nous sommes bien d’accord que je ne parle pas ici de l’investisseur père de famille qui met quelques billes dans l’Oréal. Mais bien de l’entrepreneur et du capital-risqueur, créateurs d’emplois et de richesses.
Pourquoi diable prendre des risques si travail et capital sont pareillement taxés ?
Finalement, rien de mieux qu’un bon petit salaire, avec RTT, 35 heures, assurance chômage et protection sociale…. Quelle idée d’aller monter une boîte, prendre le risque de recruter, de perdre son patrimoine, de stresser tous les mois sur son échéancier en ne voyant pas le cash rentrer et son banquier se “débiner”…
Notre gouvernement pourrait faire un pas, et très légèrement “arrondir les angles” pour les entrepreneurs nous dit-on ; mais pas pour l’apporteur de capital.
Question : qu’est l’entrepreneur sans le capital d’amorçage et de développement indispensable à sa création et son développement ? Ce sang qui l’irrigue et lui permet de croître…
Cela se pourrait-il que les apporteurs de capitaux que sont les venture capitalists, le private equity et autres business angels finissent par jeter l’éponge en France ?
Ah oui, c’est vrai. Nous avons les banques… où diable avais-je la tête ; nous voilà donc sauvés…
Vous le savez aussi bien que moi : le risque se rémunère
Qui veut prendre un risque s’il n’est pas rémunéré… ou si peu ?
Personne.
Les dépenses de l’Etat atteignent aujourd’hui 56% du PIB. Les entreprises créent 44% de la richesse nationale (44% du PIB).
Question à deux sous : d’où viendront les emplois et la croissance de demain ? Des dépenses de l’Etat ? Ou des entreprises ?
Tant que l’Etat français ne tranchera pas, la croissance restera une éternelle arlésienne…
Tout est question de “terrain“
De souche allemande, je miserais plutôt sur l’entreprise que sur les dépenses de l’Etat. Mais force est de constater que nous ne leur proposons guère un terrain favorable à l’épanouissement. La taxation des dividendes dont je ne vous ai pas parlé mine tout autant le terrain entrepreneurial que la taxation des plus-values.
Outre-Rhin, le terrain juridique, fiscal et les circuits de financement et de transmission sont faits pour maximiser le potentiel de création et de développement des entreprises.
C’est certainement ce qui fait la force de ce Mittelstand créateur d’emplois et de richesses. Richesses ensuite redistribuées…
Oui, en Allemagne ils ont la fâcheuse habitude de toujours vouloir créer la richesse AVANT de la redistribuer. C’est très difficile à concevoir pour les Français que nous sommes…
Mais changeons de sujet…
Le fer connaît son plus long marché baissier depuis 20 ans…
Vous le savez, le marché des matières premières est cyclique.
La Chine s’est transformée en “ogre glouton et vorace” il y a quelques années. Et pour satisfaire ses besoins incommensurables en fer, les trois plus gros producteurs de fer Vale, Rio Tinto et BHP (70% de la production mondiale) ont investi massivement. Pas moins de 47 milliards de dollars pour “faire cracher les gisements de fer”, selon Bloomberg…
En parallèle, une armada de nouveaux cargos arrivent sur le marché pour transporter ce précieux “or gris” vers notre Gargantua. Sauf qu’entre temps, voilà notre Gargantua terrassé par une indigestion qui l’oblige à se mettre à la diète ; il a divisé sa consommation par deux…
Les prix ont suivi, passant de 192 $ la tonne début 2011 à 90 $ aujourd’hui. Et l’analyste Andy Xie, ex-Morgan Stanley, nous dit que le cours pourrait atteindre 50 $ d’ici le mi-2013…
Inutile de vous dire que la capitalisation boursière des producteurs de fer a fondu (en moyenne de 30%)
Quant aux études et perspectives, elles sont négatives. Les cours du fer devraient rester sous pression jusqu’en 2018.
En cause, la demande d’acier chinoise qui a atteint un pic l’an passé et qui reflue (l’Ogre investissait jusqu’à 8% de son PIB dans l’acier. Monstrueux !).
Mais aujourd’hui, les infrastructures (routes, rails, buildings…) sont globalement construites et le pays change de modèle : il veut développer sa consommation (après les infrastructures, les biens de consommation).
Le taux de croissance de la production chinoise d’acier devrait ainsi baisser 5% l’an à 3% pour les cinq prochaines années. Et le marché du fer deviendra très rapidement excédentaire, étant donné les nouvelles capacités qui arrivent (et arriveront les prochaines années) sur le marché et le défaut d’acquéreurs…
La loi de l’offre et de la demande est implacable… D’où les anticipations de Macquarie qui s’attend à une baisse de 25% du cours du fer pour les prochaines années.
Affaire à suivre, mais je vous conseille de faire attention à vos petites mines de fer en portefeuille, surtout si elles sont australiennes.
Passons…
Comment les monnaies meurent-elles ?…
Je voudrais vous soumettre un graphe qui me vient d’un contact berlinois, et qui a retenu toute mon attention. Et comme un graphe vaut parfois mieux qu’un long discours, le voici :
Il synthétise une étude historique portant sur le DESTIN de 775 monnaies.
Comment les monnaies meurent-elles ?
- 33% disparaissent suite à une guerre ou un acte d’indépendance
- 24% disparaissent suite à une réforme monétaire (c’est le cas du franc, deutschemark…)
- 20% sont détruites par l’hyperinflation
Le petit quart restant survit tant bien que mal à ce jour… plutôt mal d’ailleurs, le phénomène de dépréciation touchant toutes les grandes monnaies.
Un point me frappe : 44% des monnaies meurent de phénomènes purement monétaires ; et notamment de l’hyper-laxisme monétaire (comprenez “planche à billets”) qui conduit à l’inflation.
Pendant ce temps…
… le piège de la dette se referme sur les pays occidentaux et leurs banques centrales passent en mode “laxisme monétaire débridé”. Un peu de morphine adoucit la douleur et a le bon goût de faire partir la dette en fumée… Pourquoi s’en priver, vous explique-t-on…
Sournoisement, l’inflation gagne tout doucement du terrain : “le dentifrice sort à nouveau du tube…”, disait récemment Alain Madelin.
Au passage…
Petit conseil : méfiez-vous des chiffres
L’inflation officielle est très inférieure à la vraie inflation, celle que vous ressentez. Fiez-vous donc à votre instinct pour une fois :
Le bon thermomètre, c’est vous ; pas le chiffre INSEE qui ne se rend pas compte que la bouteille de Ketchup dont le prix n’a pas changé a vu le poids de son contenu “subrepticement s’alléger”.
Si c’est vous qui êtes aux commandes du “caddie familial” le samedi, vous voyez certainement ce que je veux dire…
Aux Etats-Unis, l’inflation calculée selon les normes classiques (comprenez “pas bidouillées”), fait ressortir un taux à 5% (contre 2% officiel). Le phénomène est identique chez nous.
Ne perdez JAMAIS de vue l’impact de l’inflation réelle sur votre patrimoine : si ce dernier n’enregistre pas un rendement annuel net après impôt au moins équivalent à l’inflation réelle, vous vous appauvrissez.
[NDLR : Pour protéger votre patrimoine de l'inflation : découvrez tous les secrets de Marc Mayor, au travers d'un DVD exclusif à découvrir sans tarder...]
Je sais que vous êtes nombreux à penser qu’il n’y aura pas d’inflation, le risque de déflation menaçant. Mais n’oubliez pas que déflation et inflation peuvent cohabiter… et/ou se succéder. Il faudra que je revienne sur ce point.


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