Chronique d’une journée en enfer pour l’euro

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Son mail est tombé vers 19h30 hier.

"Tu vas en avoir des choses à dire !"

Isabelle n’a pas tort. Le déroulement de cette "folle séance" de mardi nous donne du grain à moudre.

Mais finalement, n’aurais-je pas tout dit il y a déjà quelques semaines ?

  • Le transfert du problème de dette du secteur privé au secteur public ;
  • L’incapacité de la zone euro a prendre des décisions rapidement et efficacement ;
  • Les disparités entre les pays membres rendant presque impossible toute gouvernance ;
  • les tensions sur le marché obligataire ;
  • La chute de l’euro… encore et toujours avec mon objectif à 1,2850 qui en faisait sourire quelques-uns… 

Et enfin, la semaine dernière, le 29 avril…
Alors que les marchés américains étaient à leur zénith, j’envoyais cette phrase laconique mais assurée à mes abonnés :

"Les indices vont chuter, je n’en doute plus"

Et hier soir, le CAC perd plus de 6% depuis le 1er janvier.

Le scénario était joué d’avance
Dès le matin, le Financial Times annonçait un record de "positions shorts sur l’euro".

Puis vinrent les ventes de détail allemandes : -2,4%… Relayées au rang de fait anecdotique, elles n’en restent pas moins inquiétantes.

La séance commence, le CAC voit rouge et certains analystes tentent de justifier ça par des détachements de dividendes.

Pendant ce temps, j’affutais mes lames, comprenant que l’histoire était déjà écrite…

Voilà comment nous avons initié à la fois une vente sur l’euro et un achat sur le yen. Pour profiter de l’aversion au risque et de la pression qui montait sur les marchés.

Les Etats-Unis plongent aussi
Ouverture des marchés américains. Dans le rouge.

Les indices européens accélèrent la baisse et une rumeur de dégradation par l’agence Fitch de la note de l’Espagne viendra amplifier le mouvement.

La mécanique spéculative est en marche.

Un rapport met en lumière que la Grèce n’aura pas assez des 110 milliards d’euros d’aide, l’Espagne est la prochaine cible et le Portugal peut déjà se préparer.

A la mi-journée, le calvaire de la monnaie unique commence
Les 1,31 $ ne font pas illusion longtemps et leur rupture me permet de dégager les premiers profits de la journée.

Le S&P, le Dow et toutes les places occidentales virent au rouge vif dans un mouvement de panique illustré par l’indicateur VIX qui prendra près de 20% dans la journée.

Graphe du VIX

L’euro sous les 1,30 $ : Une aubaine ?
A l’heure tardive où j’écris ces lignes, l’euro/dollar vient de franchir le seuil des 1,30 et ne semble plus vouloir arrêter sa chute.

La zone euro est en difficulté.

Même le prix Nobel et fervent défenseur de la zone euro M. Stiglitz, évoque un possible éclatement.

Pourtant, je ne peux m’empêcher de me demander en quoi la baisse de l’euro pose un problème ?

- L’euro a perdu près de 20% mais est encore 30% plus cher qu’un dollar.

- Les exportations vont être soulagées, les touristes vont pouvoir investir les plages grecques à meilleurs prix, bref cela ressemble plus à une aubaine qu’autre chose.

L’euro est livré à lui-même
Le vrai problème est que la structure de la zone euro n’est pas assez souple pour pouvoir jouer le jeu des monnaies.

Contrairement à la Grande-Bretagne, au Japon ou encore à la Suisse, l’Europe ne s’est pas armée d’un pouvoir d’action direct sur sa monnaie.

L’euro est livré à lui-même.

Et maintenant ?
L’accélération très forte en cette fin de journée me conforte dans les objectifs que je vous ai donnés depuis plusieurs semaines maintenant.

La zone des 1,2850 $ est à une portée de pips et nous devrons ensuite attendre d’y voir plus clair pour approcher les 1,25 $.

Le sort de l’euro est sans doute beaucoup plus politique qu’on ne le croit
Tout d’abord la BCE, qui après avoir assoupli au maximum ses critères en "garantissant" la reprise des créances grecques quelle que soit leur note, va devoir se prononcer sur sa politique monétaire.

Une baisse de taux, même si elle paraît inconcevable, fait partie des hypothèses de certains économistes.

Plus concrètement, Jean-Claude Trichet devrait s’en tenir encore à son discours rigide et au respect du mandat qui est le sien. Laissant l’euro évoluer au gré des courants de marché.

Il va également falloir surveiller de près le développement de la situation en Grèce avec, d’un côté la mise en place effective de l’aide, mais aussi la grogne de la population qui pourrait plonger le pays dans une paralysie totale en cas de déstabilisation forte du gouvernement.

En attendant la pire journée de l’euro, aura été l’une des plus rentables pour Agora Forex !

Bons trades.

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Jérôme Revillier

Rédacteur en Chef de FxProfitTrader
Passionné de finance et autodidacte, Jérôme Revillier dirige aujourd'hui une société de gestion spécialisée sur le marché des changes. Il collabore avec des investisseurs particuliers avertis, des institutionnels ou encore des hedge funds cherchant de la performance absolue.

Vous pouvez croiser Jérôme sur des salons comme Actionaria, le salon du Trading ou le salon de l'Analyse Technique – il parcourt aussi la France, la Suisse et la Belgique pour rencontrer les investisseurs et leur faire partager son approche bien particulière des marchés. Quelques traders privilégiés suivent ses recommandations dans le cadre de FxProfitTrader.