Toronto ou Londres, comment bien investir dans la mine ?

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Le secteur de la mine n’est pas pour les débutants !

Hier, je suis revenu sur le cas de l’industrie minière brésilienne. Pour caractériser les conditions d’investissement au Brésil, je m’étais servi d’une citation de Tom Jobim, auteur du tube le plus connu de la bossa nova, “La Fille d’Ipanema”.

Pendant que j’écoutais une énième fois la chanson, j’ai tourné et retourné cette phrase dans ma tête. S’il est vrai que le marché brésilien n’est pas facile à percer, on peut dire la même chose à propos du marché de la mine. En à peine un mois, j’ai abordé le marché au minimum d’une dizaine de métaux, et évoqué 4 ou 5 places financières. Londres (LSE), Toronto (TSX), Sydney (ASX), Jakarta (JSX)… La liste est longue.

Aujourd’hui, j’ai donc décidé de faire un point avec vous sur les places financières dédiées à la mine. Sydney étant trop loin, Jakarta trop jeune, je vais me focaliser sur les places financières occidentales, Londres et Toronto. Le secteur de la mine offre toujours des opportunités exceptionnelles… pour autant que l’on arrive à s’y retrouver !

[NDLR : Pour découvrir la sélection de minières de Simone Wapler : continuez votre lecture...]

Londres attire les grandes capitalisations
C’est peut-être l’héritage de l’empire colonial anglais, Londres abrite des minières du monde entier. Le FTSE 350 mining, l’indice qui regroupe les minières de Londres, est l’électrocardiogramme du secteur de la mine. Je m’y réfère régulièrement pour connaître les performances générales du secteur. Pourtant cette place n’abrite pas n’importe quelle minière.

D’abord, Londres abrite les plus grandes minières du monde. C’est là que vous retrouverez Xstrata et AngloAmerican par exemple. Aussi, vous trouverez une exposition aux pays miniers dont les places financières ne sont pas jugées sûres. C’est le cas du JSX (Johannesburg Stock Exchange) par exemple. Depuis bien longtemps, les minières ont commencé à quitter cette place pour Londres.

Vous trouverez également des cotations plus “exotiques”, comme Kazakhmys. Ne vous méprenez pas, ce type de minières est solide. Seulement, le code minier kazakh est impénétrable, et on n’est jamais à l’abri d’une surprise. Vous retrouverez toute une série de mines venant de l’est. Peut-être parce que Londres est devenu un paradis pour les oligarques russes et autres magnats ouzbeks ou géorgiens.

Le contraste est ainsi flagrant avec Toronto, qui attire davantage les amoureux de la mine (ils existent !).

Toronto, la Mecque de la mine
Toronto a développé ses compétences dans la mine d’abord, parce que le Canada est un pays minier. Que ce soit en potasse, en or, en uranium ou en phosphate, le pays est une des grandes puissances productrices dans le monde. Ainsi les grandes compagnies y sont cotées. C’est le cas de Barrick Gold, un des leaders de la production aurifère. Mais le véritable atout de Toronto, c’est la myriade de petites minières qui viennent y lever quelques dollars pour donner leur premier coup de pioche.

L’explication est d’abord réglementaire. Le groupe TSX est composé du TSX (senior market) et du TSX Venture Exchange (anciennement le Canadian Venture Exchange). Cette dernière place est beaucoup plus tolérante sur les conditions d’inscription des minières. Ainsi, les plus petites minières, avec de maigres ressources ou une comptabilité brouillonne, peuvent s’y lister. Par exemple, sur le secteur de l’uranium, on compte pas moins de 100 minières inscrites !

C’est sur cette place que résident les plus belles opportunités… et les plus grands risques.

Toronto-Londres, avantage Toronto
Mais un autre élément différencie Londres et Toronto. Choisir entre ces deux places revient à choisir entre un groupe de copains et une caste de groupes de techniciens. Je m’explique.

Certaines minières ont choisi d’être cotée à Londres pour la visibilité et le prestige de la place londonienne. Mais d’autres ont préféré Toronto, parce qu’elle attire tous les métiers possibles et imaginables autour de la mine (avocats, géologues, consultants, journalistes spécialisés) — vous obtiendrez donc un suivi plus régulier sur votre investissement.

C’est ce qui explique que certaines minières choisissent Toronto contre Londres ou leur place d’origine. Ainsi Equinox Minerals et First Quantum Minerals, pourtant basés en Australie et travaillant en Afrique, ont choisi Toronto comme lieu de cotation.

De cette différence découlera votre stratégie. Soit vous cherchez une exposition aux métaux dans le simple but de se diversifier. Londres sera alors votre choix. Vous trouverez une exposition au secteur dans son ensemble en misant sur des mastodontes comme Rio Tinto ou sur des ETF de minières. Soit vous cherchez une exposition plus précise, sur un type de métal particulier. Le choix de minières et de métaux qu’offre Toronto n’aura alors aucun équivalent.

Une troisième stratégie existe
On pourrait même distinguer une troisième stratégie, une stratégie plus spéculative. Une étude récente de Pinnacle Digest est revenue sur les caractéristiques du TSX. L’étude révèle d’abord l’extrême volatilité du marché. Sur 11 ans, le marché a connu pas moins de sept phases baissières (une baisse de 20% sur quelques mois). En moyenne, la baisse était de 36% !

Mais le plus intéressant se trouve dans la réaction du marché. Après ces phases de baisse, le marché a la plupart du temps rebondi à la hausse, et souvent de manière violente. La moyenne de ces hausses était de 98,08% ! Cerise sur le gâteau, ces phases de hausse étaient plus de deux fois plus longues que les phases de baisse, donnant plus de temps pour se positionner.

Mon conseil
Je ne m’approcherais pas du marché canadien sans savoir combien je veux investir, sur qui et sur quel métal, car le marché restera volatil. Malgré ce risque, je suis convaincu qu’il est le plus intéressant actuellement. Rappelez-vous que le marché des métaux est déprimé cette année, l’économie chinoise restant toujours atone. Or le marché chinois est le véritable chef d’orchestre des métaux.

Des opportunités existent pourtant, mais sur des métaux spécifiques. Ainsi, le plomb et le zinc offrent des occasions à long terme, du fait de leur caractéristique géologique propre (épuisement de certaines mines). Ainsi depuis quelques mois, des petites minières comme Canadian Zinc ont commencé à attirer l’attention des investisseurs aguerris. Toronto sera ainsi la place idéale pour les investisseurs qui veulent faire un coup ! Mais attention, la place canadienne peut rapidement devenir une table de paris. Prudence donc, ne jouez pas votre PEL.

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Florent Detroy

Rédacteur en Chef de Matières à Profits
Florent Detroy est journaliste économique, diplômé de Science Po Grenoble.

Spécialiste des matières premières et des pays émergents. Florent Detroy a en particulier une connaissance approfondie de l'ensemble de la chaîne industrielle des matières premières – des pays producteurs aux marchés de consommation.

Pour comprendre les ressorts des marchés, il n'hésite pas à se rendre dans les confortables bureaux londoniens des négociants en commodities comme dans les plaines inhospitalières d'Asie centrale ou dans les nouvelles mégalopoles asiatiques.

Aujourd'hui, il se consacre au conseil pour particuliers en tant que rédacteur en chef de Matières à Profits. Son but : vous ouvrir les portes du marché des matières premières. Faites-lui confiance.

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