Pourquoi l’uranium est “là où l’or était il y a 10 ans”

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La livre d’uranium actuellement se négocie sur le marché spot à 42 $ la livre — ce qui est ridiculement bas. Le prix ne peut que rebondir. J’ai eu une longue discussion avec deux grands spécialistes de l’uranium la semaine dernière. Ils ont travaillé sur l’uranium à la fois dans le secteur privé comme dans le secteur public depuis les années 1970. Ils ont assisté à tous les rebondissements de son histoire.

Ces deux spécialistes ont de solides arguments pour affirmer que les prix de l’uranium augmenteront cette année ainsi que dans l’avenir. “Le minerai d’uranium”, a observé l’un d’eux, “est aujourd’hui là où était l’or il y a 10 ans. Nous prévoyons des prix quatre à six fois supérieurs dans les années à venir”.

Si cette déclaration est avérée — on atteindrait alors 150 $ à 250 $ la livre -, c’est une excellente nouvelle pour les producteurs d’uranium. Vous savez, les types qui produisent déjà ce métal.

Les nouveaux gisements coûtent plus cher…
Commençons par le coût ahurissant pour acquérir de “nouveaux” centres de production d’uranium. Lorsqu’on ajoute les coûts d’explorations et de développement, une nouvelle mine d’uranium se situe entre 100 $ et 120 $ par livre. Ceci est presque le triple du cours spot actuel. Et ceci avant de prendre en compte les vicissitudes des futurs changements fiscaux et des taux d’intérêt plus élevés. Après tout, il n’est intéressant de construire une mine que s’il y a un retour sur investissement décent.

D’un autre côté, développer les mines existantes pose problème. Tous ceux qui essaient de développer une mine se heurtent à une sérieuse barrière du prix à mettre sur la table. Voyez par exemple comment BHP Billiton a remis à plus tard l’expansion du gigantesque site d’Olympic Dam, en Australie, lorsque les coûts se sont élevés à plus de 20 milliards de dollars.

Un niveau d’investissement à 10 chiffres approche la limite de l’entreprise privée à tous égards. C’est énorme, même pour l’industrie pétrolière, sans parler des compagnies minières — même pour les plus gros parmi les gros. Nous parlons des niveaux d’investissement d’un programme de défense majeur ou d’un programme spatial, plus des difficultés comparables à recruter du personnel, à développer la technologie et à programmer pour que cela fonctionne une décennie ou plus.

Regardons les choses autrement. Qui peut se permettre de faire ce genre d’investissement énergétique ? Les gouvernements, peut-être. Ou plus vraisemblablement les partenariats entre l’Etat et l’industrie. A l’avenir, il faut surveiller les formes d’entreprises dans lesquelles le consortium minier devient une sorte de service public, avec toutes les fioritures légalistes qui s’ensuivent. Mais sans aide du gouvernement, les grands projets énergétiques ne verront probablement jamais le jour. Et c’est ainsi que la courbe de l’offre poursuit sa course.

… mais la demande est assurée
Du côté de la demande, l’histoire de la Chine est “réelle et le devient encore plus”, selon mes sources. Les Chinois ont besoin d’électricité et si actuellement ils brûlent du charbon c’est parce qu’ils en possèdent, pas parce qu’ils le veulent. La pollution atmosphérique en Chine est aujourd’hui un problème national. Dans le pays, les grands projets d’électricité futurs doivent tous se montrer respectueux de l’environnement pour obtenir l’approbation de l’Etat. Du moins, c’est ce que nous dit le Parti communiste.

Toujours selon mes sources, les histoires que l’on entend comme quoi le Japon serait en train de supprimer ses centrales nucléaires sont des “histoires à dormir debout”. Après la catastrophe de Fukushima il y a deux ans, le Japon a d’abord été tenté de s’éloigner du nucléaire. C’était une réaction purement émotionnelle. “Puis est venue la réalité”.

Grosso modo, le Japon a calculé la facture que représentait l’importation du gaz naturel liquéfié, aujourd’hui aux alentours de 20 $ pour mille pieds cubes. En outre, le Japon voit la Chine développer sa marine, ce qui menace les routes maritimes japonaises du commerce et des communications, essentielles pour les importations de pétrole et de charbon.

Le résultat de tout cela est que reconstruire sa puissance nucléaire donne au Japon une raison supplémentaire de verser plus de béton, ce qui est un passe-temps national japonais aussi prisé que le base-ball.

[NDLR : Matières à Profits s'est positionné dès l'été dernier sur le marché de l'uranium. Alors que la banque Crédit Suisse anticipe une remontée à 65 $ la livre d'uranium dès cette année, MAP a intégré à son portefeuille la minière qui profitera le plus de cette hausse de 54% des prix. Vous pouvez encore profiter du conseil de nos experts ici...]

Première parution dans la Chronique Agora le 06/02/2013.

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Byron King

Byron King est diplômé de l'Université de Harvard et exerce actuellement la profession d'avocat à Pittsburgh, en Pennsylvanie.

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