Pourquoi le père Fouettard de la mine mise sur le zinc

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L’avantage avec Ivan Glasenberg, patron du négociant-mineur Glencore Xstrata, c’est qu’on ne peut pas lui faire le reproche de sentimentalisme.

L’année dernière, le jeune dirigeant de la désormais quatrième minière du monde rappelait à ses collègues que l’important dans la mine, c’était les dividendes. Reconverti en “père Fouettard” de la mine, il en était pratiquement venu à expliquer les règles de l’offre et de la demande au Rio Tinto, BHP Billiton et autres Anglo American, après leur avoir expliqué qu’ils avaient “merdé”.

Ainsi quand le jeune loup mise sur un métal plutôt qu’un autre, on a tendance à l’écouter. Le métal sur lequel Glencore veut miser, c’est le zinc.

L’idée était présente depuis plusieurs mois, voire années. En 2012 déjà, l’analyste de Scotiabank, Patricia Mohr, avait confié sa confiance dans la hausse du zinc. L’analyste rappelait que plusieurs mines importantes allaient fermer dans les mois à venir sans que l’offre ne soit capable de suivre. Puis la voix isolée de l’analyste s’était perdue au milieu de la dégringolade du secteur minier.

Aujourd’hui, Glencore prend le relais. Mais cette fois, le groupe n’est plus une voix isolée, mais plutôt la voix la plus forte d’un couplet entonné par plusieurs autres grands analystes. Le zinc est train de refaire rêver !

Un come-back inattendu
La confiance sur le zinc est d’autant plus difficile à accepter en France que le métal a fait le malheur de bon nombre de mineurs français. Certains se souviennent peut-être de la restructuration de l’industrie du zinc dans les années 1980. Penarroya, notre grand mineur, avait finalement réussi à s’associer à un producteur et transformateur allemand, Preussag, avant de tomber dans les années 1990 dans la gueule du loup… Glencore.

La chute du prix de la tonne dans les années 1990 et la main-mise de Glencore sur le marché finirent d’enterrer Penarroya, rebaptisé Metaleurop. A l’époque, les prix oscillaient autour des 1 100$ la tonne. Dans les années 2000, ils ont atteint les 4 000$. Aujourd’hui stabilisé au-dessus des 1 800$, il semble bien que les cours aient atteint un plancher sur lequel ils vont s’appuyer pour entamer leur reconquête. Voici pourquoi.

Glencore craint la pénurie
Lors d’une réunion d’investisseurs qui s’est tenue le 10 septembre dernier, les cadres du trader-minier ont expliqué qu’ils s’attendaient à un déficit structurel du marché.

Daniel Maté et Chris Eskdale ont ainsi expliqué que, selon Glencore, la demande allait croître de 5% par an. Le zinc est indispensable à deux secteurs en plein boom depuis 10 ans : la construction et l’automobile. Selon les deux analystes, la demande des pays émergents ne va pas faiblir dans les années à venir, malgré le fléchissement de la croissance indienne ou chinoise. La banque HSBC a souligné récemment que la Chine faisait autant progresser la demande de cuivre avec une croissance à 7,5% aujourd’hui qu’avec une croissance à près de 10% en 2008.

Selon les estimations de Glencore, la demande va ainsi devoir augmenter de 600 000 tonnes par an, pour atteindre les deux millions de tonnes en 2016, et cinq millions d’ici 2020. Or la demande risque de ne pas suffire.

Vers un grand écart en 2020
Les projets sont effectivement en route. D’ici 2016, c’est 1,1 million de tonnes qui sera ajouté. Ce sera ainsi bien moins que la demande prévue pour 2016. Ainsi selon le consultant Platts, c’est un manque de pas moins d’un million de tonnes qui apparaîtra dans trois ans.

Prévision de la production mondiale de zinc, en milliers de tonnes
Source : MetalMiner

Tout le monde n’est pas d’accord
Bien entendu, cette analyse n’a pas été suivie par tout le monde. Plus tôt dans l’année, l’analyste vedette des matières premières de BNP Paribas, Stephen Briggs, a estimé que les stocks étaient largement assez élevés pour répondre à la demande.

C’est pourtant à son tour de se retrouver bien seul. Coup sur coup, deux analystes ont rejoint Patricia Mohr. D’abord, MoneyWeek a estimé que les découvertes de zinc, avec le plomb, seraient parmi les plus faibles dans les années à venir. Citant le consultant MinEx Consulting, la revue estime qu’il faudrait découvrir deux fois plus de zinc qu’actuellement pour satisfaire la demande à venir.

Plus originale, l’analyse d’HSBC souligne que la baisse du prix de l’argent, sous-produit du zinc, va réduire la rentabilité des mines. Certaines minières vont réduire leur production, voire fermer leurs mines. La baisse des investissements dans l’argent va réduire l’offre de zinc, ce qui va profiter aux prix du métal.

Mon conseil
La confiance de Glencore dans le zinc devrait l’amener à donner une estimation des prix et surtout un timing de la pénurie. Il est probable que sa publication déclenche un rally des cours.

[NDLR : Convaincu très tôt par les arguments de Patricia Mohr, Matières à Profits a recommandé dès 2012 une des principales minières de zinc au monde. La minière vient tout juste d'entamer son ascension. En hausse de 8% actuellement, la valeur a encore un potentiel de hausse de 50%. Retrouvez plus de détails dans Matières à Profits.]

Pour vous positionner dès à présent, vous pouvez choisir de miser sur des petites minières comme Griffin Mining (GFM : LES), recommandé par MoneyWeek, ou Minco (MSV : TSX), très présente en Chine.

Bon investissement !

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Florent Detroy

Rédacteur en Chef de L'Edito Matières Premières et de Matières à Profits
Florent Detroy est journaliste économique, diplômé de Science Po Grenoble.

Spécialiste des matières premières et des pays émergents. Florent Detroy a en particulier une connaissance approfondie de l'ensemble de la chaîne industrielle des matières premières – des pays producteurs aux marchés de consommation.

Pour comprendre les ressorts des marchés, il n'hésite pas à se rendre dans les confortables bureaux londoniens des négociants en commodities comme dans les plaines inhospitalières d'Asie centrale ou dans les nouvelles mégalopoles asiatiques.

Aujourd'hui, il se consacre au conseil pour particuliers en tant que rédacteur en chef de Matières à Profits. Son but : vous ouvrir les portes du marché des matières premières. Faites-lui confiance.

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