Aujourd’hui, Cécile Chevré revient dans la Quotidienne d’Agora sur le come back fracassant des pays émergents. J’ai décidé pour ma part de vous parler des nouveaux pays émergents, les “frontier markets”.
Les frontier markets repoussent les limites des investisseurs. Jusque-là inconnus, ces marchés font actuellement leur entrée dans les tops 10 des plus fortes croissances. On se croirait revenu aux premiers temps des BRIC, où les investisseurs hésitaient encore entre euphorie et incrédulité devant les taux de croissance à deux chiffres de ces pays.
Leur bonne santé actuelle est confirmée par le retour des investisseurs. Voici le graphique du tracker Guggenheim Frontier Markets ETF depuis trois mois :
Cliquez sur le graphique pour l’agrandir
Le tracker a gagné 11% depuis le début de l’année.
L’économie de cette nouvelle garde des pays émergents est cependant moins diversifiée que les colosses chinois ou brésiliens.
Ne vous attendez pas à les voir parader dans les sommets de l’ONU ou à faire la leçon aux Etats-Unis. Ce qui fait leur force, c’est justement leur spécialisation.
La plupart de ces marchés ont un et un seul atout : leurs matières premières.
Kenya, Zambie, Papouasie-Nouvelle-Guinée… ces pays sont tous assis sur des montagnes de ressources inexploitées. Dans un contexte général de raréfaction des matières premières, cet atout est devenu un passeport pour la richesse.
Les géants que sont l’Inde, la Chine ou le Brésil se les arrachent à présent. Ils sont devenus une condition sine qua non de leur croissance… et ils deviendront une source d’enrichissement pour vous si vous suivez ces quelques lignes.
Papoua… quoi ?
Ces pays sont nouveaux sur les écrans radars des marchés. Leurs noms sont parfois connus, mais rarement associés aux caractéristiques de prospérité et de croissance. Il s’agit du Qatar, de la Zambie ou encore de la Papouasie-Nouvelle-Guinée.
Vous partagez peut être comme moi quelques difficultés à les situer sur leur continent… quand on sait de quels continents on parle. Pourtant ces pays se développent, entraînés par la spirale haussière des BRIC.
Pourquoi ?
Parce que les matières premières se raréfient, et que ces pays sont les derniers pays à en posséder.
La production d’or relancée par l’Ouzbékistan
C’est par exemple le cas avec le marché de l’or.
Entre 2001 et 2010, la production d’or a augmenté de moins de 2%, passant de 2 646 tonnes d’or à 2 696 tonnes. En partie due aux maigres investissements miniers pendant les années 1990, cette situation est aussi le résultat de l’épuisement des mines d’or d’Afrique du Sud.
Par conséquent, les nouveaux producteurs d’or sont le Kirghizstan, la Mauritanie ou encore l’Equateur. Parmi les 10 premiers producteurs, ont retrouve désormais 3 “frontier markets”, dont l’Ouzbékistan et la Papouasie-Nouvelle-Guinée.
Qui produira la dernière tonne de charbon du monde ?
Le même calcul peut être fait pour un grand nombre de marchés. Ainsi c’est le cas dans le cuivre, avec la montée en puissance du Mozambique, ou encore de la Guinée et du Liberia dans le minerai de fer.
Cependant les recherches de cuivre, de fer, pour ne pas parler du pétrole, ont depuis longtemps amené les pays consommateurs à s’internationaliser pour aller s’approvisionner.
C’est pourquoi le cas du charbon est une exception. Les structures de ce marché sont en train littéralement d’exploser. Car désormais, les gisements de la Chine, autrefois réputés infinis, sont en train de s’épuiser.
Le charbon devient passionnant…
Au classement des énergies fossiles, le charbon est longtemps apparu comme la matière la moins intéressante pour les investisseurs.
Le marché était jusque-là peu internationalisé, affichant une relative stabilité. D’ailleurs, les cargaisons étaient échangées de gré à gré la plupart du temps.
Le charbon faisait pâle figure devant le pétrole, capable de prendre une dizaine de dollars après une fanfaronnade de plus d’un officiel iranien.
Mais les choses ont récemment changé.
… sur fond de pénurie
On a trop tendance à oublier que le charbon est encore là pour longtemps. Dans le monde, le charbon permet de produire 40% de l’électricité !
En particulier, il est essentiel pour l’Inde et la Chine. Le charbon produit toujours 80% de l’électricité en Chine.
Jusque-là, la Chine produisait son propre charbon, ce qui lui permettait d’être indépendante. Or le pays est en train de perdre cette indépendance.
En 2011, la Chine est devenue le premier importateur de charbon du monde, en important simplement 6% de sa consommation. En parallèle, l’Inde a à son tour fait décoller ses importations.
Les cours ont ainsi explosé dès 2010. Ils ont atteint les 108 $ la tonne en 2011, soit les cours les plus hauts depuis 2008.
Les frontier markets, dernier bastion charbonnier
Pour assurer leur approvisionnement en charbon, les deux pays se sont livrés à une intense compétition autour des derniers gisements de charbon dans le monde. Les frontier markets sont alors devenus leur cible prioritaire.
Ainsi les leaders du charbon en Chine, comme Shenhua, sont rentrés en conflit avec les groupes indiens comme Tata Power en Indonésie, puis au Mozambique ou encore au Botswana.
[Ndlr : Matières à Profits a repéré pour vous un pays qui va devenir dans les années à venir un producteur majeur de charbon pour la Chine. Ses minières, cotées sur les plus grandes places occidentales, vont bientôt devenir l'artère charbonnière de la Chine. Une de ces mines sera au centre du numéro de févier de Matières à Profits : ne la manquez sous aucun prétexte...]
Désormais, les groupes publics des pays émergents n’hésitent plus à proposer de construire les infrastructures eux-mêmes pour acheminer le charbon vers les ports.
Mon conseil
Le groupe de frontier markets est divers, souvent exposé à une matière en particulier. Vous bénéficierez davantage de leur croissance en sélectionnant le pays en fonction de l’état du marché de la matière.
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Ainsi, le Vietnam ou l’Ukraine seront idéals pour vous exposer à l’appétit des pays émergents pour les matières agricoles.
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De même, la hausse de la demande de gaz et de pétrole fera le bonheur respectivement du Qatar et du Nigeria.



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