La ligue 1 à la une…
Ce matin, le sujet favori des journalistes est l’inquiétude des clubs de foot sur la proposition de taxe des revenus de plus de 1 million d’euros.
C’est certain, c’est un problème crucial pour l’avenir de notre économie.
Imaginez, comment feront les chômeurs français pour s’occuper à la sortie de leur formation financée par l’Etat si l’on ne peut pas garder les bons joueurs ?
Comment les jeunes pourront-ils avoir des modèles pour l’avenir s’il n’y a plus de joueurs de foot. On ne va quand même pas leur apprendre la valeur de l’entrepreneuriat ou de l’initiative et de l’innovation ?
Et les CRS ? Vous avez pensé aux CRS ? Sans hooligans, ils vont être obligés d’être réaffectés à des missions secondaires comme la sécurité des personnes ou la lutte contre la délinquance.
Non vraiment, mobilisons-nous pour défendre nos joueurs…
La France livrée à elle-même, et vous aussi
Le sujet devrait donc vite réapparaître au sein de la bataille politique, qui bat son plein dans notre pays. Nos candidats rivalisent dans l’effet d’annonce.
L’un sauve les entreprises à coups de baguette magique, pendant que l’autre n’aime pas les riches de France mais drague la City. (Il nous a aussi refait le coup du partage du temps de travail… incorrigibles socialistes !)
Au centre, il y en a qui sont ni pour quoi que ce soit, ni contre rien mais avec conviction.
Aux extrémités de l’échiquier, les nationalistes prennent la défense des pauvres automobilistes vaches à lait. Qu’ils se rassurent, avec une baisse de 30% des immatriculations, même les radars automatiques vont être au chômage. On leur fera faire des stages en photographie.
Pendant ce temps l’extrême gauche tente de survivre dans une époque qui n’est plus la sienne, en s’agitant pour éviter la noyade démagogique.
Dans ces conditions, quelle que soit l’issue du scrutin, le pays sera livré à lui-même, et vous avec.
Le Costa Europe en plein naufrage
A l’image des navires de la malheureuse compagnie maritime, la France et l’Europe semblent donc en cours de naufrage.
Le Costa Allegra, lui, a au moins pu compter sur des remorqueurs pour éviter la Somalie et ses pirates.
L’Europe, elle, peut compter aussi sur un commandant italien pour la ramener à bon port :
Mario Draghi et son super LTRO.
Avec 800 banques qui ont pu emprunter plus de 500 milliards d’euros à 1% (en réalité 300 milliards nets environ en tenant compte des expirations. Mais ce n’est qu’un détail !), la banque centrale a évité quelques écueils proches mais n’a certainement pas évité le naufrage.
Draghi gagne du temps… c’est tout
Tout le monde est d’accord pour dire que la BCE a repoussé les problèmes et ainsi gagné du temps.
Ca tombe bien.
Avec l’argent, le temps est la deuxième chose que les politiques gaspillent le plus facilement.
Car il ne vous aura pas échappé que si les sommets et autres réunions se multiplient, aucune réelle solution structurelle n’est prise, ni au niveau national (je n’y reviens pas, je ne voudrais pas gâcher mon week-end totalement) ni même au niveau européen ou mondial.
La seule véritable avancée est la validation du MES qui ouvre la voie d’une timide union fédérale européenne, mais c’est toujours ça… Je n’ai rien d’autre à vous proposer !
Ainsi, si le LTRO, comme le QE1 et QE2 de la Fed peuvent apporter un répit nécessaire, il doit être accompagné de mesures franches pour assurer le redressement.
Hors ça, nous ne savons pas faire et je vous donne rendez-vous dans trois ans pour faire le point sur ces créances…
Tensions à la tête de la BCE
Pour résumer, la BCE a prêté et en plus a accepté de prêter à des banques de petites tailles apportant des titres douteux en gage.
La BCE prête de l’argent qu’elle n’a pas à des gens qui ne la rembourseront pas. Après, on peut toujours essayer de cacher la misère économique avec des termes techniques, le fond ne change pas.
Et cette attitude n’est pas du tout du goût de M. Weidmann, gouverneur de la puissante Bundesbank et membre du comité monétaire de la BCE.
D’ailleurs, il l’a fait savoir à Mario Draghi par une lettre où il s’inquiète de la politique menée par l’Italien. Investis chacun d’un mandat de huit ans, les sept prochaines années vont être longues pour Draghi car il le sait mieux que quiconque, comme disent les Anglo-saxons : “He who pays the piper, calls the tune” [qui paye a bien le droit de choisir].
Et ceux qui paient, ce sont les Allemands. Affaire à suivre…
L’euro sous pression
“Beaucoup de bruit pour rien“, c’est un peu ce qu’a voulu dire le marché alors que l’euro corrige nettement depuis la publication de la BCE.
Car en Grèce, rien n’est réglé et le report du paiement de la moitié de la tranche d’aide illustre bien les craintes des pays membres, malgré des promesses de coupures drastiques des dépenses.
La nervosité devrait monter progressivement jusqu’au résultat du PSI, le plan de refinancement volontaire par les créanciers de la Grèce prévu le 9 mars.
Ces incertitudes, et un ton plus ferme de la part de Ben Bernanke lors de son dernier discours, ont pesé sur la devise européenne. Elle corrige à l’heure où j’écris ces lignes à 1,3245, soit près de 2% en dessous de son récent plus haut.
EURUSD : Biais baissier moyen terme intact !
Après quelques semaines euphoriques sur la devise européenne en corrélation avec les indices, les fondamentaux européens pourraient reprendre le dessus et mettre sous pression l’euro.
Cliquez sur l’image pour l’agrandir
Techniquement, le rebond s’est toutefois limité à retracer 38,2% de la baisse initiée en avril 2011.
Si une nouvelle phase positive ne peut être exclue, il me semble désormais que les catalyseurs à la hausse de la paire se raréfient et la chute me paraît inévitable.
Seul, un passage au-dessus de la zone 1,3810 remettrait en cause la tendance avec une validation de retournement au-dessus de 1,4050.
Bref, vous l’aurez compris, les vendeurs ont de la marge…
Allez, bonne croisière et bon week-end !
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