Voguez sur un marché de 1 500 milliards d’euros

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Savez-vous quel marché pèse plus lourd que le marché de l’aéronautique ou des télécoms ?

Le transport maritime !

Ce secteur pèse la bagatelle de 1 500 milliards d’euros. Il devrait même arriver à 2 000 milliards d’euros d’ici 2020.
On sous-estime l’importance de la marine dans notre vie de tous les jours. Le transport de marchandises passe pourtant à 90% par la mer.
L’augmentation a été radicale ces 30 dernières années, avec un quintuplement des marchandises transportées dans le monde. Aujourd’hui, ce ne sont pas moins de 50 000 navires qui sillonnent les mers.

D’ici 2020, l’activité aura encore doublé, pour représenter 15 milliards de tonnes transportées par an dans le monde.
Tous secteurs confondus, la croissance exponentielle de ce trafic a amené le marché du transport maritime à se classer au second rang en termes de chiffre d’affaires, avec un poids de 1 500milliards d’euros.
C’est moins important que l’industrie agroalimentaire, mais bien plus imposant que l’aéronautique ou les télécoms.

Conférence "A la recherche du rendement perdu"

Sur quoi repose la croissance du secteur ?

  • Le développement des activités maritimes s’explique d’abord par le faible coût du transport.

Il coûte plus cher d’acheter un billet d’avion entre l’Europe et l’Asie que de transporter 20 tonnes de marchandises sur la même distance.
Au petit jeu des comparaisons, il est également amusant de noter qu’il coûte moins cher d’importer des marchandises de Pékin à Paris que de Romorantin.

  • Ces dernières années, une nouveauté est venue modifier le marché maritime, la mise en valeur des ressources maritimes.

Le site Mer et Marine rappelle à cette occasion que seulement 10% de la flore et de la faune marine sont connus, et seulement 5% des sols marins.
Mais c’est bien évidemment la mise en valeur des ressources énergétiques sous-marines qui a déclenché les plus fortes évolutions du marché.
Ce territoire océanique est d’ailleurs régulièrement présenté comme un 6e continent, le seul quasiment inexploré.

Le pétrole offshore, l’eldorado du secteur

Jusque dans les années 1960, le marché des hydrocarbures était essentiellement concentré sur
les ressources onshore, c’est-à-dire sur la terre ferme.

Certains d’entre vous se rappelleront toutefois que c’est à la fin des années 1940 que la première plateforme pétrolière a été créée, sur la mer Caspienne, en URSS.
C’est cependant dans le monde capitaliste que les premières plateformes apparaissent de manière industrielle, dans le golfe du Mexique et dans la mer du Nord dans les années 1970.

C’est l’époque du choc pétrolier, où le quadruplement des prix du pétrole permit de financer l’achat de ces monstres d’acier des mers.

La décrue des prix du pétrole dès les années 1980 va donner un coup de frein à l’activité. Il faudra attendre encore 20 ans avant que la demande de plateformes retrouve une nouvelle vigueur, dans le sillage de la remontée des prix du pétrole des années 2000.

Ainsi entre 2005 et 2008, alors que les prix du WTI passent de 60$ le baril à près de 140$, les investissements dans les activités offshore passent de 90milliards de dollars à 154milliards de dollars.

Après le coup de massue de la crise économique de 2008, le nombre de plateformes pétrolières en mer est remonté petit à petit en parallèle des prix du baril.
Ainsi entre 2008 et 2012, la flotte de plateformes a augmenté de 56%.
Aujourd’hui, c’est près de 1 200 plateformes qui sillonnent les mers du monde entier – majoritairement localisées dans le golfe du Mexique, dans le golfe de Guinée et au Brésil.

[Mon conseil]
Matières à profits a investi sur un des leaders du service en mer. Cette société arrive dans la dernière ligne droite de sa stratégie de développement, et commence tout juste à récupérer le fruit (de mer) de ses investissements passés. Retrouver plus de détails dans Matières à profits

Les dernières réserves géantes sont en offshore
La montée en puissance des investissements dans l’offshore est logique car, comme l’explique Sylvain Serbutoviez, ingénieur exploration-production à la direction Economie et Veille d’IFP Energies nouvelles, c‘est l’une des rares zones d’accès aux réserves à l’exception des sables asphaltiques du Canada”, les réserves étant monopolisées par les sociétés d’Etat.

Surtout, la poursuite des investissements dans ces zones s’explique tout simplement par le succès des forages. En 10 ans, les découvertes faites dans le pétrole sont passées de
30% en offshore à pratiquement 40%.
Surtout, les découvertes en offshore sont bien plus profitables. En eaux peu profondes, la moyenne de la découverte par forage depuis 2002 est de 21 millions de barils équivalent pétrole (boe).

A titre de comparaison, un forage en onshore ne permet de découvrir “que” 12 millions de barils selon les analystes de Wood Mackenzie.
En eaux profondes, c’est-à-dire dans des eaux supérieures à 360 mètres de profondeur, la moyenne des découvertes passe tout de suite à 55 millions de boe.
Et, dans l’ultra-profond, au-delà de 1 400 mètres de profondeur, on flirte avec le jackpot, soit 140 millions de boe.

Investir dans le “triangle d’or”
Selon un calcul simple, forer dans des eaux ultra-profondes s’avère 11,5 fois plus efficace et rentable qu’en onshore, chaque forage générant 14milliards de dollars, soit de quoi couvrir largement les coûts de production.
Bien sûr, les majors ne forent pas par hasard et cherchent avant tout les grands gisements.
Mais, comme le souligne Tom Kellock du cabinet d’analyses spécialiste de l’énergie IHS, “la bonne nouvelle, c’est que les foreurs trouvent ce qu’ils cherchaient”.

En particulier, c’est le “triangle d’or”, selon les professionnels du secteur, qui est la vraie corne d’abondance pour tous les pétroliers aujourd’hui.

Le “triangle d’or” du pétrole offshore (Golfe du Mexique, Golfe de Guinée, Côtes brésiliennes)

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Pour profiter de manière plus globale du développement du pétrole offshore en gardant un oeil sur les acteurs du parapétrolier. Un acteur comme Transocean (NYSE :RIG) possède grâce à son implantation dans le Golfe du Mexique, un rôle clef dans ce secteur.

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Florent Detroy

Rédacteur en Chef de L'Edito Matières Premières et de Matières à Profits
Florent Detroy est journaliste économique, diplômé de Science Po Grenoble.

Spécialiste des matières premières et des pays émergents. Florent Detroy a en particulier une connaissance approfondie de l'ensemble de la chaîne industrielle des matières premières – des pays producteurs aux marchés de consommation.

Pour comprendre les ressorts des marchés, il n'hésite pas à se rendre dans les confortables bureaux londoniens des négociants en commodities comme dans les plaines inhospitalières d'Asie centrale ou dans les nouvelles mégalopoles asiatiques.

Aujourd'hui, il se consacre au conseil pour particuliers en tant que rédacteur en chef de Matières à Profits. Son but : vous ouvrir les portes du marché des matières premières. Faites-lui confiance.

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