Par David Furcajg
Un puissant mouvement de baisse des taux en Europe au dernier trimestre 2008…
Depuis quelques mois, la situation économique continue de se dégrader au sein de la Zone euro : la croissance continue de faiblir alors que le spectre de la déflation menace.
Dans ce contexte, la Banque centrale européenne (BCE) a fortement réagi en abaissant son taux directeur (graphique 1), notamment depuis le dernier trimestre 2008.
Sa réaction a été vigoureuse : rappelons-nous que le taux BCE se situait à 4,25% en octobre dernier alors qu’il est aujourd’hui à 1,25%, soit 300 points de base en six mois !
Graphique 1 : Taux BCE depuis 2005
Source : www.forexfactory.com
… a provoqué un rally obligataire…
Etant donné la relation inverse qui lie les taux d’intérêt au prix des obligations, le marché obligataire a largement profité du contexte dépressif de nos économies. Depuis juillet 2008, la valeur des obligations a progressé de 10 à 15%. Et, l’accélération des prix répond parfaitement au puissant mouvement de baisse des taux de la BCE.
Phase d’accumulation
Comme nous pouvons l’observer sur le graphique 2 ci-dessous, à partir de l’été 2008, les obligations — contre le bund allemand — initient une tendance haussière. Nous observons une première phase (phase 1), dite d’accumulation : le marché progresse sensiblement, mené par des investisseurs avertis.
Phase d’imitation
Puis, le marché accélère soudainement à partir de novembre. Notons que cette période correspond précisément à la baisse de 75 points de base de la BCE du 4 décembre 2009, ce qui a d’ailleurs surpris les professionnels qui anticipaient une baisse de 50 points de base. Le marché expérimente alors une nouvelle accélération et entre en phase 2, classiquement appelée phase d’imitation. Il s’agit du coeur du mouvement et l’idée selon laquelle le marché obligataire est attrayant se démocratise.

