Par Edward Bonner
L’avancée technologique est exponentielle. Mais les terres rares, ingrédients de base de tous les nouveaux produits de haute technologie, pourront-elles suivre le tempo ?
J’aimerais m’arrêter un peu plus longuement aujourd’hui sur le cas des terres rares lourdes.
Les terres rares lourdes (TRL), sous-groupe au sein des terres rares (17 éléments) composé de huit éléments au total, sont de plus en plus convoitées. Elles sont devenues particulièrement indispensables à la fabrication de la plupart de nos gadgets (aussi bien civils que militaires) et sont utilisées dans la production d’énergie propre (voitures hybrides), toujours très à la mode comme vous avez pu le constater lundi dernier dans l’Edito.
Mais ces TRL sont plus difficiles à extraire que les terres rares légères. Elles sont surtout plus rares (en moyenne une teneur entre 1%-5% dans les mines de terres rares, 20% maximum dans les meilleures). Toujours produites en immense majorité par la Chine, Pékin a laissé entendre qu’il pourrait en interdire l’exportation d’ici 2015.
Le monde se trouve maintenant au pied du mur pour trouver des sources de terres rares lourdes.
Qui sera le premier à en proposer ?
Qui en a et qui en a besoin ?
Jetons un coup d’oeil à cet atlas réalisé par SIA Conseil.

On constate que la Chine ne détient probablement pas la moitié de la réserve mondiale de terres rares. Mais en raison de sa main-d’oeuvre peu chère elle a réussi à monopoliser le marché pendant longtemps.
Aujourd’hui elle souhaite conserver sa richesse, d’où son intention de ne plus exporter des TRL d’ici 2015. Les grands pays consommateurs affichent depuis quelques mois leur stratégie de diversification.
- L’Europe explore son potentiel minier
L’Europe envisage de rouvrir ses anciennes mines où se trouvent des terres rares et métaux rares. Elle a également regardé du côté du Groenland, qui aurait d’importantes ressources. L’UE s’est également tournée vers le recyclage, ainsi que vers la substitution de terres rares par des matériaux plus communs.
- La défense américaine en dépend
Les Etats-Unis utilisent beaucoup de TRL, notamment pour leur secteur militaire, et auront besoin d’une source fiable et continue. Le gouvernement américain se tournera sans doute vers les producteurs américains comme Ucore Rare Metals Inc. (qui travaille directement pour la défense militaire) et Rare Element Resources., qui disposent d’importantes ressources en TRL, contrairement à la mine de Mountain Pass. [NDLR : DECOUVREZ LA PREMIERE ALTERNATIVE CREDIBLE AU PETROLE ! Soyez parmi les premiers à investir sur ce carburant bien particulier. En commandant aujourd'hui notre enquête, vous pourriez visez jusqu'à 200% de gain : une opportunité à saisir sans attendre...]
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Hausse des prix en vue
L’ouverture ou la ré-ouverture de ces mines ne permettront toutefois pas de répondre à la demande dans l’immédiat, du fait de sa vigueur. On peut donc s’attendre a une hausse des prix. Selon un rapport de Dudley Kingsnorth, expert des terres rares, paru dans un article du Great Western Mining Group (GWMG) en 2012, la demande de terres rares lourdes devrait être nettement plus élevée que l’offre en 2016. Par exemple, la demande de dysprosium s’établirait entre 1 500 tonnes et 1 800 tonnes par an dans les années à venir, alors que l’offre se situerait entre 1 300 et 1 600.
Qui en profitera ?
Les minières évoquées plus haut ne seront pas automatiquement les gagnantes de la pénurie de terres rares lourdes à venir.
Une étude de préfaisabilité coûte très cher (64 millions de dollars dans le cas de Nechalacho au Canada). Les mineurs n’ont donc vraiment pas intérêt à se tromper dans les travaux préparatifs.
Nous aurons déjà un premier avis sur la rentabilité des projets de mines de terres rares à venir alors que les compagnies minières vont bientôt publier les résultats de leurs études de préfaisabilité. C’est à ce moment que vous pourrez trouver une pépite au milieu de la ferraille. Attention, plus de 400 projets sont actuellement développés dans le monde. Le choix sera dur.
Notre collègue Byron King recommande Ucore Rare Metals (UCU : TSX) et Stans Energy (HRE : TSX). Ce dernier a passé des accords notamment avec d’anciens pays de l’URSS, très riches en terres rares. Vous pouvez aussi vous intéresser à Tasman Metals (TSM : TSX) qui mène des travaux en Suède et Matamec Explorations (MAT : TSX) au Québec.
Vous pouvez aussi vous intéresser aux raffineurs qui s’installeront probablement aux Etats-Unis pour des raisons de sécurité. La Chine est à ce jour le seul producteur de terres rares lourdes, donc… les seuls raffineurs au monde qui peuvent transformer le produit brut en un produit commercial se trouvent en Chine.
Le gouvernement des Etats-Unis aimerait tout contrôler à l’intérieur du pays pour des raisons d’indépendance. C’est pourquoi je pense qu’une raffinerie sera construite aux Etats-Unis pour pouvoir produire les produits en aval sans passer par la Chine.




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