38% à prendre sur l’argent

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leadimg

Cher lecteur,

J’aurais pu vous parler de la faillite — annoncée, pronostiquée, débattue — de la France. J’aurais pu, mais je n’en avais pas envie.

Tout d’abord parce qu’il n’a rien que vous ne sachiez déjà si vous nous lisez régulièrement. Cette histoire de faillite pourrait se résumer ainsi : l’Etat dépense plus qu’il ne prélève. Donc il s’endette. Jusqu’à présent, emprunter ne nous revient pas cher… mais en cas de doutes grandissants sur notre capacité à rembourser ses dettes, la machine s’enrayera et nous serons en faillite.

Vous l’aurez donc compris, la question n’est pas de savoir si nous sommes ou pas en situation de faillite — réponse, financièrement, oui — mais de savoir si nos créditeurs pensent que nous le sommes — pour le moment, non.

En attendant que les marchés ne rendent leur verdict, nous allons pouvoir nous intéresser aujourd’hui à des perspectives plus optimistes. Le menu du jour sera composé de deux ingrédients principaux : l’argent et la Chine.

Je pourrais presque arrêter là ma démonstration… car quand la Chine jette son dévolu sur une matière première, les conséquences sont bien connues : une explosion des cours.

Ma conscience professionnelle m’incite cependant à vous en dire en plus… mais aussi ma curiosité car je dois avouer que l’argent me laisse toujours un peu sceptique. Cela fait des années qu’on nous annonce son décollage mais force est de constater que l’envolée des cours est toujours arrêtée dans son mouvement.

En cause, peut-être la très grande manipulation d’un marché concentré presque uniquement dans les mains d’un intervenant — J.P. Morgan pour ne pas le nommer.

Seulement voilà, avec l’arrivée en force de la Chine dans le jeu, les règles pourraient bien changer.

L’industrie chinoise, gourmande d’argent
Entre 2000 et 2011, la demande chinoise est passée de 48,7 millions onces à 159,5 millions onces en 2011. Soit une croissance annuelle moyenne d’environ 12%.

La demande chinoise n’est pas représentative de la demande mondiale. Sur la même période, dans le monde, les besoins en argent industriel ont été divisés par deux — la faute en partie à la quasi-disparition de la photographie argentique.

La Chine quant à elle a soif d’argent pour alimenter son industrie électronique, électrique, et de plus en plus solaire — l’argent entrant dans la fabrication des panneaux photovoltaïques. A cela il faut ajouter la joaillerie, la Chine s’étant imposée comme le premier fabricant de bijoux en argent au monde.

Des lingots sous la paillasse
L’appétit des Chinois pour l’argent n’est pas tiré que par les besoins de son industrie ; de plus en plus, c’est la demande en argent comme investissement qui soutient la demande.

En 2007, l’investissement ne représentait que 5% du marché mondial de l’argent. Aujourd’hui, c’est 30%. Et la demande venue de Chine est particulièrement soutenue — elle devrait même augmenter de 10% encore cette année.

Comment l’expliquer ? Par un facteur culturel d’abord. Traditionnellement, l’argent est considéré comme une protection à l’inflation dans l’empire du Milieu — plus que l’or — puisque jusque dans les années 30, la monnaie était appuyée sur le métal gris.

Par une volonté politique ensuite. Depuis 2008, les investisseurs et épargnants chinois sont incités par leurs banques et leur gouvernement à détenir de l’argent ou de l’or, physique ou sous forme de contrats. Détenir des métaux précieux est devenu légal et les banques ont multiplié les produits permettant aux Chinois de s’offrir un part de rêve, sous forme de lingots, pièces ou de contrats.

La Chine a d’ailleurs lancé l’année dernière un contrat à terme sur l’argent qui met à mal l’hégémonie de la Bourse spécialisée de New York, le Comex. Une très bonne nouvelle pour les investisseurs alors que, à juste titre d’ailleurs, l’argent traînait comme un boulet la réputation d’être manipulé.

Et c’est de plus en plus vers l’argent que se tournent nombre de Chinois, parmi les plus modestes, tout simplement parce que le métal gris est bien moins cher que son cousin, l’or. Selon un rapport de GFMS, la Chine serait devenue le premier marché mondial pour les pièces et lingots d’argent ainsi que pour l’argent-papier.

La demande explose, et la production chinoise ne suit pas. Le graphe ci-dessous représente en noir, l’argent détenu en Chine, en gris la production interne et en rouge les importations (via Hong Kong).

Si la Chine est toujours le troisième producteur de métal gris au monde, la demande est telle que la production ne suffit plus à satisfaire la demande.

Qu’est-ce que cela signifie pour l’argent ?
GFMS a publié en décembre dernier ses prévisions de cours pour l’argent cette année. Objectif : 53 $, soit une hausse de près de 38%.

Les explications de GFMS : la demande va être soutenue — non seulement celle de l’industrie avec le développement de l’industrie solaire et autres utilisations (cf. l’imagerie médicale) — mais aussi la demande d’investissement.

Comment en profiter ?
Premièrement, la détention d’argent physique. Je vous renvoie à l’article très complet que le numismate de L’Investisseur Or & Matières, Bruno Collin, avait consacré aux pièces d’argent. A retrouver ici…

Outre la détention d’argent physique, il existe plusieurs ETF dont :

- ETFS Physical Silver Trust (NYSE: SIVR) qui affiche une performance de 7% depuis le début de l’année ;
- Sprott Physical Silver Trust ETV (NYSE: PSLV).

Vous pouvez aussi miser sur des investissements qui sont largement boudés par les investisseurs ces derniers temps, et qui sont donc particulièrement bon marché : les minières. Dans Matières à Profits, Florent Detroy possède une ligne argent particulièrement prometteuse.

[NDLR : Matières à Profits possède une exposition internationale à l'argent grâce à une de ses minières. Chili, Pérou, Etats-Unis, Canada... cette diversification géographique lui permet d'afficher les plus grandes réserves d'argent parmi ses concurrents directs. En hausse de 14% en portefeuille, le trou d'air que l'argent connaît actuellement vous offre l'opportunité unique de rentrer vous aussi sur cette minière. Pour plus de détails, Matières à Profits peut vous aider.]

Notre recommandation : profitez de la faiblesse actuelle des cours pour vous placer sur l’argent. Et attendez une belle remontée — près des 40 $ — pour empocher une partie de vos bénéfices.

Première parution dans la Quotidienne d’Agora du 29/01/2013.

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Cécile Chevré

Rédactrice en Chef de Défis & Profits
Cécile Chevré est titulaire d'un DEA d'histoire de l'EPHE et d'un DESS d'ingénierie documentaire de l'INTD. Elle rédige chaque jour la Quotidienne d'Agora, un éclairage lucide et concis sur tous les domaines de la finance.

Elle est également rédactrice en chef de Défis & Profits.

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