Inutile de s’insurger, de frapper de poing sur la table, ou de gesticuler bruyamment
La Chine ne nous entendra pas !
Le yuan, c’est sa monnaie, mais c’est notre problème.
Eh oui. Les temps changent…
Obama l’a bien compris. Douloureusement. Et à ses dépens.
On vous parle de “guerre des monnaies”…
Un concept bien abstrait… si loin de vous, et de votre quotidien.
Alors vous n’en n’avez que faire…
Erreur ! Vous êtes concerné au premier chef.
Voici pourquoi :
Qu’y a-t-il derrière ce terme barbare ?
La volonté viscérale de la Chine, comme des Etats-Unis, d’assurer l’emploi dans leur pays ; et la baisse du chômage.
Je m’explique.
Tous les ans en Chine, 13 millions de personnes quittent les campagnes et viennent “tenter leur chance en ville”.
Pour “absorber” cette masse tous les ans, être capable de “fournir les emplois”, la Chine doit carburer avec un taux de croissance minimum de 7%-8%.
Comment s’assurer une telle croissance ?
Les exportations où le chaos
La consommation interne reste beaucoup trop faible pour assurer une croissance suffisante.
Donc la seule issue pour la Chine, c’est d’exporter, encore et encore. Envers et contre tout.
Sans une croissance constante de ses exportations, pas de croissance, et pas d’emplois pour les “nouveaux venus des campagnes”. Et là, c’est le risque social maximum pour la Chine. Le chaos potentiel.
Spasmes sociaux
La Chine est en proie à l’inflation des produits alimentaires (besoins primaires). Ce qui déclenche déjà de violents “spasmes” sociaux. Pour l’instant, tout est encore sous contrôle.
Mais n’oubliez jamais ceci : ce qui a déclenché Tiananmen en 1989, c’est l’inflation, la hausse et prix et la pauvreté des jeunes urbains.
Un Tiananmen Bis ? Rien que l’évocation de ce nom fait trembler Pékin. C’est la plus grande hantise de la Chine.
Alors pour se préserver, elle a fait du yuan son arme
Je lis jusqu’ici les pensées de Wen Jiabo et des ses petits camarades : personne ne nous dictera notre conduite. Nous garderons notre yuan sous-évalué aussi longtemps que nous le déciderons. Parce que c’est pour nous la seule façon d’assurer l’emploi et la tranquillité sociale. Et donc le maintien du pouvoir en place. Notre maintien !
CQFD…
Pour les Occidentaux, le yuan est une “arme de destruction massive” !
Sur ce point, il y a beaucoup beaucoup de choses à dire. Donc là encore, je vais me focaliser sur un ou deux points importants.
Les Etats-Unis sont en proie à un taux de chômage record
Notre ami Ben Bernanke a beau dépenser des centaines de milliards de dollars pour le faire baisser, rien n’y fait. Et pour cause…
Les usines ont quitté depuis belle lurette le pays pour la Chine. Usines dont les Américains auraient bien besoin aujourd’hui pour créer des emplois…
Même scénario en Europe.
Salaires faibles + yuan sous-évalué de 40% = cocktail explosif
Depuis des années, les investissements s’engouffrent en Chine.
Salaires faibles + yuan sous-évalué de 40% = cocktail explosif pour tout industriel qui se respecte. Produire en Chine, c’est :
▪ Produire à coût faible : premier gros avantage compétitif ;
▪ Et par-dessus le marché, réexporter vers la planète entière avec un yuan 40% sous-évalué : deuxième avantage compétitif fracassant.
Irrésistible pour tout industriel en quête d’EBITDA, et en proie au regard menaçant des grands actionnaires…
D’un autre côté : moins d’usines = moins d’emplois… les Occidentaux s’en mordent les doigts.
Et dites-vous bien que ce qui arrive aux Américains est aussi ce qui arrive aux Européens. L’euro n’est pas épargné par le yuan. Au contraire ! Il est bien plus malmené encore…
La guerre des monnaies, c’est aussi la guerre commerciale
Car les produits et les services américains (européens), faits aux Etats-Unis (Europe), sont de plus en plus en compétition directe et frontale avec ceux en provenance de la Chine.
Inutile de vous dire qu’un yuan sous-évalué de 40% n’aide pas les Américains (Européens) à exporter ; donc à générer “plus de croissance” pour absorber leur “trop plein de chômeurs”.
La guerre des monnaies, c’est aussi la guerre commerciale…
Pas de doute. Le yuan est la clé de tout
▪ Réévaluez-le : et la crise sociale en Chine provoquera alors de dangereux remous… mais cela créera plus de croissance et d’emploi pour Obama et l’Europe.
▪ Maintenez-le sous pression : et Ben Bernanke et Jean-Claude Trichet pourront toujours injecter du cash dans le système, rien n’y fera. En revanche, la Chine absorbera ses travailleurs et montera en puissance, encore et encore.
Le bonheur des uns fera fatalement le malheur des autres…
Exportations ou chômage ? Les deux mon Général !
Reste à savoir qui sera le dindon de la farce, de la Chine ou des Occidentaux.
Suivez mon regard…


