Passé de 35 $ en février à 74 $ en août est une superbe performance. Plus de 110% de hausse en seulement six mois.
Mais hier, le baril a violemment décroché. Le WTI passant de 73,15 $ à 69,79 $ dans la journée. Une baisse fulgurante de 4,59% ! Panique à bord ? Fin de la hausse ? Chaos dans la tête des investisseurs ?
En tout cas, la volatilité fait son grand retour. Le doute s’installe…
Essayons d’y voir clair.
Qu’est-ce qui fait courir le brut ?
Les fondamentaux qui ont soutenu cette hausse époustouflante sont simples. En résumé : l’OPEP tient ses quotas de production au plus bas avec une assiduité qu’on ne lui connaissait pas. Et le monstre chinois soutient la demande à coup de plans de relance massifs et de reconstitution de stocks.
Mais voilà. Hier, l’indice composite de Shanghai a plongé de 6,74%. Jamais on n’avait vu de chute journalière aussi vive depuis juin 2008. L’indice Shenzhen perdait quant à lui 7,1%.
Après avoir grand ouvert les vannes du crédit pour relancer sa croissance économique, le bon élève chinois fait marche arrière. En aurait-il fait de trop ? Les bulles spéculatives boursière et immobilière menacent. L’économie tourne en sur-régime.
Du coup, les investisseurs craignent l’impact des mesures politiques et monétaires des autorités à présent. L’assèchement du crédit qui pourrait en découler serait dramatique. Il heurterait de plein fouet l’industrie chinoise et le début du redémarrage économique auquel nous assistons. Et si la croissance est freinée, la demande de brut ralentira.
La Chine tire la demande de brut
L’industrie chinoise est grosse consommatrice de brut. La Chine est le deuxième plus gros consommateur de pétrole de la planète. L’Agence internationale de l’énergie (AIE) le sait bien puisqu’elle anticipe une hausse de la demande chinoise de 320 000 barils par jour sur 2010 — soit +4%.
Après deux années de contraction de la demande de pétrole, l’AIE nous explique que la hausse de la demande chinoise sera à l’origine de 25% de la hausse de la demande de brut attendue pour 2010. La Chine est le moteur de la hausse de la demande de pétrole. Alors si elle se met à tousser, vous imaginer les conséquences…
Aussitôt, les doutes reviennent au galop
Si le moteur chinois ralentit, le naturel reviendra au galop. Car ce moteur masque une bien triste réalité. Les stocks américains de pétrole sont pleins à craquer, comme jamais ils ne l’ont été auparavant. La demande mondiale de pétrole, hors Chine, est atone, comme anesthésiée. Dans un tel contexte, l’OPEP risque fort de revenir sur le devant de la scène. Et justement, le cartel se réunit le 9 septembre. A priori, le statu quo devrait être de mise.
Que nous dit le graphique ?
Comme vous pouvez le voir, le cours du WTI est coincé depuis début août dans un range compris entre 69 $ et 74 $. Or le décrochage d’hier a ramené le brut tout près de son niveau support de 69 $.


