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Or fourré au tungstène : dénichons les faits dans Penthouse !
par Marc Mayor
Mercredi 02 juin 2010

Quand le "système" s'effondrera -- notez que je ne dis pas "s'il s'effondre" --, le prix de l'or bondira dans des proportions jamais vues ; c'est à ce moment-là que vous aurez plus que jamais besoin d'avoir accès à vos lingots. Inutile de les garder dans un coffre à la banque, vous n'y aurez pas accès ce jour-là. Mon conseil : achetez de l'or physique maintenant, tant que vous le pouvez encore, et entreposez-le dans un lieu sûr et accessible en tout temps !

Voici pourquoi...

Manipulation majeure
Vous vous souvenez de l'histoire des lingots fourrés au tungstène dont je vous narrais les détails croustillants ici même le 10 mars dernier ?

En résumé, un des plus grands raffineurs d'or au monde, l'Allemand W.C. Heraeus, venait de se faire livrer des barres de métal jaune contenant principalement du tungstène, avec une fine couche d'or fin autour. Ceci prouvait qu'il ne s'agissait pas de bricolage, ni d'une aimable contrefaçon à l'ancienne, mais que nous étions plutôt dans le cadre d'une manipulation majeure.

Aujourd'hui, j'ai deux bonnes nouvelles pour vous
▪ La première : un initié est remonté à la source de ce tungstène et explique comment l'or est manipulé.

▪ La seconde : l'article en question est paru dans la revue polissonne Penthouse, ce qui m'a permis pour une fois de regarder ma femme droit dans les yeux, en lui assénant un "je travaille" péremptoire tandis que je tenais le magazine polisson à la verticale.

Vous pouvez en faire de même, mais que les pudiques se rassurent : tel le prophète d'une nouvelle religion d'investissement, je sais payer de ma personne pour votre éducation. Comptez sur moi pour aller au fond des choses dans cette rubrique sans pour autant vous faire passer pour un lubrique ; dénichons donc les faits !

L'histoire du tungstène commence donc en 1989, en pleine guerre froide selon Rob Kirby.

Prise de guerre
C'est à ce moment-là que le président Bush – le paternel binoclard, pas le fiston ahuri – lance le projet Hammer, qui vise la destruction économique de l'URSS.

Parmi les joyeusetés prévues : la déstabilisation du rouble, le financement d'un coup d'Etat du KGB contre Gorbachev en août 1991 et surtout la saisie d'industries du secteur de l'énergie et de l'armement.

C'est ainsi qu'un stock de tungstène (environ 1,5 million de barres de 400 onces) a été acquis au titre de prise de guerre suite à la victoire contre le communisme du gouvernement Bush paternel, époque 1991–1992.

Direction Fort Knox
Via le Panama, l'Arkansas et une raffinerie californienne, ces barres de tungstène, plaquées et poinçonnées, ont rejoint leur destination finale : Fort Knox, le camp militaire du Kentucky qui abrite les réserves d'or des Etats-Unis. Des réserves qui se trouvaient tout à coup gonflées de 10 000 tonnes d'or supplémentaires, destinées au marché international.

C'est là que le journaliste pose les deux questions à mille dollars : à part l'avidité, pourquoi et comment écouler 10 000 tonnes d'or trafiqué sur le marché international ?

D'abord, abordons la question du motif, avant de dévoiler le comment de la mécanique.

Dollar fort avec une planche à billets qui tourne ? Impossible. Sauf si...
Au milieu des années 1990, les Etats-Unis devaient conjuguer deux objectifs contradictoires : Conserver un dollar fort, tout en sachant qu'ils devraient imprimer de la monnaie dans un avenir proche. C'est la politique du dollar fort lancée par le secrétaire au Trésor Robert Rubin en 1995 : une monnaie forte maintient l'inflation basse, encourage l'investissement étranger et maintient le rôle du dollar au centre du système financier global.

Autre avantage : les Etats-Unis peuvent avoir un déficit des comptes courants supérieur à ce qu'il devrait être, ce qui soutient la croissance économique et l'emploi. Cela oblige aussi le pays à imprimer de la monnaie pour financer ce déficit...

C'est justement le hic :

Quand un pays fait marcher sa planche à billets, sa monnaie recule face aux autres devises.

C'est alors de Harvard qu'est venue la solution :
Selon des travaux académiques de Robert Barsky et Lawrence Summers -- devenu par la suite secrétaire au Trésor par renvoi d'ascenseur --, il est possible d'imprimer de la monnaie sans porter préjudice au cours de change tout en maintenant les taux d'intérêt à un niveau modique.

Comment ?

En maintenant le prix de l'or le plus bas possible.

Donc, il s'agit de faire évoluer le stock d'or en parallèle avec la quantité de monnaie, qui elle-même augmente ; mais comme la production de métal jaune ne peut pas s'accroître aussi vite que tournent les planches à billets, la solution fut d'intégrer au marché mondial les 10 000 tonnes d'or fourré au tungstène !

Et comment y parvenir sans que ce soit trop visible ?
Tout d'abord, il s'agit de transformer un actif statique conservé dans les coffres des banques centrales -- l'or -- en actif mobile ; par exemple en créant un véhicule crédible qui permettrait de montrer que de grandes quantités d'or changent de mains. Ce peut être un marché où il est possible d'emprunter de l'or, de le louer ou de conclure des swaps (échanges) ; ceci permet au passage d'éliminer des problèmes logistiques considérables -- vous vous voyez transporter 10 000 tonnes d'or sans attirer l'attention ? Impossible.

Et pour donner une patine d'authenticité à ces lingots, rien de tel que d'inclure des grands noms dans ce mécanisme, idéalement d'anciens leaders mondiaux dont les actions et les motivations ne seraient jamais remises en question.

Un "comité international de la magouille"
C'est justement en 1995, quand le joli mois de mai fit son retour, que le géant minier Barrick Gold mit sur pied son International Advisory Board, chargé de fournir un conseil stratégique sur des questions géopolitiques affectant Barrick et présidé par... George Bush lui-même (oui, toujours le pater familias, celui du projet Hammer) ; en fait, un "comité international de la magouille" centré autour de l'ancien président, pour les éminences grises.

C'est également en 1995 que le "leasing d'or" a décollé au plan international
... avec quelques banquiers de premier plan particulièrement actifs dans ce secteur : fin novembre 1995, lors de l'Annual Banking Conference de Londres, le responsable des opérations sur l'or de la Banque d'Angleterre déclarait que les prêts d'or avaient doublé en un an et que les swaps sur l'or avaient augmenté de plus de 50%.

Un moyen idéal pour faire entrer les lingots fourrés au tungstène dans le système...

Les chiffres du marché de l'or explosent...
En juillet 1998, Alan Greenspan, alors président de la Fed, a reconnu devant le Congrès que "les banques centrales sont prêtes à prêter de l'or en quantités croissantes au cas où les cours monteraient".

Selon les chiffres de GFMS, les ventes et prêts d'or par les banques centrales ont permis à l'offre mondiale d'évoluer au même rythme que la demande, qui est passée de 3 000 tonnes en 1990 à près de 4 000 tonnes en 2000. Car au cours de ces 10 ans, la production est passée de 2 100 tonnes à 2 500 tonnes seulement, tandis que le recyclage est resté pratiquement stable autour de 600 tonnes.

Je résume :
Le système mis en place depuis 1995 a :

- non seulement permis de gonfler le stock d'or mondial avec 10 000 tonnes d'or fourré au tungstène ;

- mais il a également créé "l'or papier", c'est-à-dire la possibilité d'acheter et de vendre le métal jaune sans devoir le détenir.

Car si tous les acheteurs demandaient aujourd'hui une livraison physique de l'or papier qu'ils détiennent, les vendeurs ne pourraient pas les servir ; cela explique pourquoi ces derniers n'hésitent pas à proposer des primes allant jusqu'à 25% des montants en jeu pour encourager l'acheteur à ne pas se faire livrer son or.

Mais il y a un dommage collatéral :
D'actif tangible avec une valeur intrinsèque, l'or est devenu un actif financier avec un risque de contrepartie.

Même chose avec l'argent : un ancien trader en métaux précieux, Andrew Maguire, a expliqué à la CFTC (l'agence américaine chargée de réguler les marchés des contrats à terme de matières premières) comment une poignée de grandes banques manipulaient le cours de l'or et de l'argent pour éviter par exemple que les cours augmentent lorsque de mauvaises nouvelles macroéconomiques sont publiées.

Faire disparaître les témoins gênants... ?
Cet ex-trader a même pronostiqué l'attitude de ces banques, début février, deux jours avant la publication des chiffres du chômage américain ; ce qu'il décrivait s'est produit dans les moindres détails. Depuis, la CFTC enquête, sans résultats spectaculaires pour le moment. Tu m'étonnes : le sieur Maguire a échappé à un attentat sur sa personne peu avant de se mettre à table, cela ne donne pas très envie aux employés chargés du dossier d'aller au fond des choses...

En conclusion :

Tout ce système a été créé pour protéger les intérêts américains et enrichir au passage quelques grandes banques.

Il repose sur des promesses de papier qui soulèvent de plus en plus la suspicion.

Quand il s'effondrera -- notez que je ne dis pas "s'il s'effondre" --, le prix de l'or bondira dans des proportions jamais vues ; c'est à ce moment-là que vous aurez plus que jamais besoin d'avoir accès à vos lingots. Inutile de les garder dans un coffre à la banque, vous n'y aurez pas accès ce jour-là. Mon conseil : achetez de l'or physique maintenant, tant que vous le pouvez encore, et entreposez-le dans un lieu sûr et accessible en tout temps !

Marc Mayor est expert en investissements éliminant le risque de marché. Retrouvez-le sur son site Le Coin des Insiders.

 
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