Abonnez vous à
L'Edito Matières Premières & Devises
Pour vous abonner, il suffit d'inscrire votre email ci-dessous et de cliquer sur S'abonner.
1 520 milliards d'euros de plans de relance dans le monde : qu'attendez-vous pour en profiter ?
Il est toujours temps de profiter de la hausse de l'or -- prochaine étape : 2 000 $ !
Comment sortir gagnant d'une crise telle que nous n'en avions pas connu depuis les années 20...
Sélectionnez les meilleures small caps grâce à notre nouveau système de sélection FOCVS !
Déjà deux ans de crise boursière -- réagissez avec les turbos !
Investissez en véritable visionnaire sur des secteurs "bunkers" géostratégiques !
Enfin un système de trading Forex VRAIMENT profitable pour l'investisseur individuel !
Ne jetez pas encore votre or par-dessus bord
par Simone Wapler
Jeudi 04 février 2010
Tout est bulle, tout est bulle...
Une immense masse de liquidité cherche à se placer sur des actifs dont le rendement serait supérieur à zéro. Cette marée, que dis-je déferlante, cherche désespérément à se placer et crée de multiples bulles.
Même l'or, vous susurrent certains à l'oreille. Son beau parcours de 2009 a fait se pencher sur son cas moult nouveaux experts surgis de nulle part.
Faut-il vendre ? NON !
Des bulles vont probablement éclater, mais l'or est encore loin de ce stade. NON. Gardez votre or, méditez les citations de Buffett, Soros, Roubini et Rogers, et même spéculez comme Paulson.
Tout est bulle, tout est bulle. Bubble warning – why assets are overvalued (Alerte à la bulle – Pourquoi les actifs sont surévalués), titrait la une de The Economist cette semaine.
Nous sommes à la fin d'une ère !, nous dit Soros
Au travers des colonnes de L'Agefi suisse, Soros donnait le 30 décembre un coup de pied dans la fourmilière financière :
"La majorité des acteurs pense que le système financier mondial a échappé à la catastrophe et que les affaires reprennent comme d'habitude. Grave erreur !
Contrairement à l'expérience japonaise, cette crise est véritablement mondiale et non confinée à un seul pays. Et contrairement à la Grande Dépression, cette fois-ci, le système financier a été artificiellement maintenu plutôt que d'avoir été autorisé à s'effondrer.
L'ampleur du problème est même plus importante que durant la Grande Dépression. En 1929, l'encours total du crédit était de 160% du PIB aux Etats-Unis et il a grimpé jusqu'à 250% en 1932. En 2008, nous avons démarré à 365% et ce calcul ne tient pas compte de l'utilisation générale des dérivés, inexistants dans les années 30.
Si cette reprise devait durer, ils seront nombreux à penser que cela continuera ainsi. Mais à mon avis, (...) les perceptions ne sont pas en accord avec la réalité. Ils sont nombreux à ne pas s'être rendu compte que cette crise était différente des précédentes, que nous sommes à la fin d'une ère. D'autres, dont je fais partie n'ont pas réussi à anticiper l'étendue du rebond".
Le coup de pied de Soros m'enlève d'ailleurs un gros poids de la poitrine
Je me suis trompée comme lui. Je ne pensais pas que le rebond boursier durerait, que le bull aurait la peau aussi dure et que le bear hibernerait aussi longtemps. Mais je préfère avoir tort avec Soros (qui est riche et qui a rarement tort), plutôt que d'avoir raison avec le pauvre troupeau (qui a rarement raison). Car -- au cas où vous ne l'auriez pas remarqué --, le rendement des actions sur la décennie fut négatif et cela fait donc 10 ans que le troupeau s'appauvrit.
Buffett, Roubini, Rogers, Faber et les autres... ce qu'ils pensent de l'or
Puisque nous faisons le tour des investisseurs professionnels milliardaires, sachez que Warren Buffett, comme Roubini, reste aurophobe tandis que Jim Rogers reste aurophile. La girouette est Marc Faber qui a changé de position.
Souvenons-nous que le prophète d'Omaha a délivré deux messages clés à ses 35 000 actionnaires réunis en mai dernier lors de la grand-messe annuelle des résultats du fonds Berkshire :
- l'inflation sera de retour ;
- le dollar ira plus bas.
Deux tendances de fonds favorables à l'or. Comme la grand-messe est annuelle, les ouailles sont priées de ruminer le sermon durant 364 jours et de s'en souvenir...
"Vous pouvez pariez sur l'inflation", a glissé Buffett.
Parier : la clé est là
Car finalement, aucune personne raisonnable n'investit dans l'or physique. Comme je l'ai déjà mainte fois répété, il ne s'agit pas d'un investissement (dont on attend une rentabilité), il s'agit d'un placement (dont on attend une préservation de ses liquidités).
Et Buffett est un homme d'investissement, pas de placement. "La meilleure protection contre l'inflation est votre pouvoir de gain. Si vous êtes le meilleur dans ce que vous faites, vous aurez votre part du gâteau, peu importe l'inflation. La deuxième meilleure protection consiste à posséder un super business qui ne demande pas de capitaux. Avec ceci en ligne de mire, je vous dirai investissez en vous-même. Ce sera toujours le meilleur investissement que vous pourrez faire".
Donc, Buffett n'investit pas dans l'or. Mais il prévoit un tableau favorable à la montée des cours.
Jim Rogers est aux matières premières ce que Buffett est aux entreprises
Sans surprise, le co-fondateur (avec Soros) du Quantum Fund, est résolument aurophile. "Je ne vends pas mon or", avait-il déclaré en mai dernier. Bien lui en a pris puisque le maximum de l'année fut atteint le 2 décembre avec un cours de 1 218 $ l'once.
Marc Faber, qui prévoyait une très sévère correction du métal jaune (sous 1 000 $, voire même 800 à 900 $ l'once) s'est depuis rétracté.
Et puis, n'oubliez pas la Chine
Coïncidence étrange, ce même 2 décembre la Banque centrale chinoise se mit à parler d'une bulle du marché de l'or. La Chine évoque un krach des prix de l'or (car toute bulle précède un krach), tandis que des banques centrales -- et notamment l'Inde -- en achètent agressivement pour remplacer dans leurs réserves le dollar en déclin. Or le mois précédent, la Chine avait annoncé vouloir porter ses réserves à 10 000 tonnes d'or durant les 10 ans à venir. En se comportant ainsi, les fourbes font d'une pierre deux coups :
- ils contiennent le prix de l'or ce qui leur permet de continuer à en acheter à bas prix ;
- ils soutiennent le dollar ce qui leur permet de soutenir leur compétitivité.
Penser, c'est bien. Agir, c'est mieux.
Mais finalement, Faber, Soros, Roubini... sait-on ce qu'ils font réellement ?
Pas si sûr... Les citations viennent aisément, mais qu'achètent-ils ?
Tout ce que nous savons c'est que Buffett n'achète pas d'or. Mais nous avons déjà expliqué ce point.
Celui qui agit, c'est Paulson.
Paulson a pris le train de l'or tardivement. Le pauvre était trop occupé à amasser une immense fortune en spéculant sur l'effondrement du crédit subprime.
Début décembre, il déclarait qu'il entendait bien augmenter sa fortune (et celle de ses clients) et qu'il allait se concentrer sur l'or. "En tant qu'investisseur, je deviens très soucieux que mes actifs soient libellés en dollars. Aussi j'ai cherché une autre devise dans laquelle les transférer. Je pense que l'or est la meilleure des devises".
Celui qui agit, c'est Paulson.
Nouveau converti de l'or, peut-être, mais Paulson ne fait pas les choses à moitié.
Au 30 juin, sa position était de 46%. Oui, vous avez bien lu.
Paulson envoie bouler les critères conventionnels de sage diversification. Il a lancé un fonds spécifiquement consacré à l'or et y injecte 250 millions de dollars de son propre argent.
Les arguments ne manquent pas !
La voie des dévaluations concurrentielles des monnaies fiduciaires s'ouvre devant nous. Il y a seulement deux ans, une once achetait cinq unités du Dollar Index. Au début de 2008, le ratio a atteint 14. Après un récent pic à 16, une once achète toujours 15 unités du Dollar Index. Attendez-vous à ce que cette trajectoire haussière continue, et soit durable.
Un monstrueux tas d'emprunts obligataires -- 12 000 milliards de dollars -- a été émis en 2009. Rachat d'actifs toxiques, création monétaire massive, les banques centrales ont mis le paquet. Tout cela pour accoucher d'une croissance anémique.
L'endettement, tandis que les recettes diminuent, est une spirale fatale. Le risque de défaut de paiement sur les dettes souveraines augmente. Grèce, Irlande, Espagne, Grande-Bretagne, Japon, Etats-Unis, France... Qui sera le premier Etat à suivre l'Islande ?
Oubliez les arguties sur l'inflation vs la déflation, le nouvel ordre monétaire, les bulles ou non. L'or sert à se prémunir contre le risque de défaillance d'un Etat. Et c'est pour cela que certaines banques centrales en achètent.
Vous voyez, restez optimiste : les banques centrales ne font pas toutes que des bêtises...
Note : Cet article vous a plu ? Pour recevoir par e-mail l'édition complète de L'Edito Matières Premières & Devises, il suffit de vous inscrire.