Le cuivre consolide : une opportunité pour rentrer à bon compte sur le métal ?
par Isabelle Mouilleseaux
Mardi 02 février 2010
Accalmie sur les métaux de base !
Il était temps, parce que le mouvement de baisse auquel nous avons assisté la semaine dernière sur la classe d'actifs virait franchement au bain de sang. L'amélioration aux Etats-Unis, en Europe et en Chine de l'activité manufacturière sur janvier (chiffres tout juste publiés) a cassé le mouvement. Temporairement du moins.
Prenons le cuivre.
Je vous rappelle que ce métal gagnait juste avant le décrochage quelque 140% depuis son creux de fin 2008.
Eh bien voilà qu'en l'espace de quelques jours, il perd 14%. Regardez :

Cours du cuivre en US $ la tonne sur le LME
Le cuivre est utilisé dans la construction et les infrastructures, le secteur automobile et toutes les technologies qui font intervenir des câbles (technologies de l'information et informatique notamment...)Qu'est-ce qui fait courir le cuivre ?
La Chine, pardi ! Tout simplement parce qu'elle est le plus gros consommateur de métal rouge de la planète, et de loin.
40% de la demande de cuivre mondiale émane de l'empire du Milieu. Contre 29,5% seulement pour le Japon, les Etats-Unis et l'Europe tous réunis...
L'ogre chinois fait la pluie et le beau temps
La demande chinoise s'est accrue de 43% sur les 10 premiers mois de l'année 2009. Alors que la demande de cuivre en provenance du reste de la planète s'effondrait sur la même période de 18% -- avec un repli encore plus marqué de 21% pour la Zone euro, 31% aux Etats-Unis ! Et 21% au Japon.
+43%...
Une hausse vertigineuse qui s'explique par le renflouement des stocks stratégiques chinois et le faramineux "plan de relance infrastructures" mis en place l'an dernier par Pékin, pour quelque 500 milliards de dollars...
Importations 2009 : record historique
En clair et sans décodeur : la Chine fait la pluie et le beau temps sur le cuivre. Jamais elle n'avait autant importé qu'en 2009. C'est elle qui a fait flamber le cours du cuivre.
Alors quand Pékin décide soudainement de freiner l'offre de crédit et de resserrer sa politique monétaire pour parer à la surchauffe de son économie, les investisseurs sont pris de sueurs froides et courent aux abris.
Résultat des courses : -14% en quelques jours...
Et maintenant ?
Fondamentaux : peut mieux faire...
Côté fondamentaux, la crise est passée par là : la demande (hors Chine) est vacillante, des stocks pléthoriques s'accumulent sur les bourses, le marché est excédentaire de 78 000 tonnes sur les 10 premiers mois de l'année 2009 et la production minière s'inscrit en hausse de 1,9% sur la même période (comparée aux 10 premiers mois de l'année 2008).
Pour 2010, je pense que la Chine va ralentir le rythme de ses importations, tout simplement parce que 2009 était une année
benchmark (effet de base) et que le rythme de croissance économique chinois doit ralentir sous peine de générer inflation et violents conflits sociaux. Mais en volume, les importations chinoises resteront à des niveaux élevés. On peut également espérer que tôt ou tard il y ait restockage côté OCDE.
Parallèlement, je m'attends dans les semaines à venir à un rebond temporaire du dollar. Rebond qui maintiendra les cours sous pression.
Voilà pourquoi le cuivre pourrait consolider encore, avant de reprendre sa course à la hausse.
Le cuivre, "chouchou" des investisseursQuoi qu'il en soit, je ne partage pas l'avis de Monsieur David Threlkeld, président de la Metals Trader Resolved Inc., et qui anticipe un repli des cours jusque vers les 2 200 $ la tonne.
Et je suis un brin moins optimiste pour 2009 que Goldman Sachs qui prévoit un prix moyen de 8 100 $ la tonne pour le métal rouge sur 2010 -- pour 2011 en revanche, l'offre devenant juste par rapport à la demande qui s'inscrira en hausse, nous atteindrons et dépasserons probablement ce seuil moyen.
En résumé :
Surveillez le repli du cuivre actuel. Il pourra être utilisé pour rentrer à bon compte sur le métal rouge. Car à long terme, les fondamentaux du cuivre sont clairement porteurs.
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