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Rebond de l'or et du brut ; consolidation des métaux
par Isabelle Mouilleseaux
Lundi 27 avril 2009

Lundi, la semaine avait bien mal commencé avec les anticipations économiques du FMI qui prévoit des replis plus marqués que prévu pour 2009 et 2010. Et comme si cela ne suffisait pas, il nous a fait part de ses estimations de pertes liées à la crise, pouvant s'élever jusqu'à 4,1 trillions de dollars entre 2007 et 2010 -- dont 2,7 trillions pour les banques alors que le dernier chiffre de janvier était de 2,2 seulement.

Voilà qui a jeté un froid sur les marchés, faisant décrocher aussi bien les actions que les matières premières. Et les résultats relativement bons des banques ne réussiront pas à effacer les doutes, les marchés actions terminant la semaine en ordre dispersé.

Aux Etats-Unis, les nouvelles sont globalement franchement médiocres : les ventes de logements anciens reculent de 3% en mars et les inscriptions au chômage ressortent à 640 000 demandeurs, au-dessus du consensus. Enfin, l'avenir de Chrysler inquiète.

En revanche en Europe, l'indice des directeurs d'achat est ressorti meilleur que prévu. Tandis qu'en Allemagne, c'est l'IFO qui a surpris positivement. Voilà qui a dopé l'euro contre le dollar.

Faisons un rapide tour d'horizon pour voir comment se sont comportées nos matières sur la semaine.

1. Energie : un va-et-vient à vous donner le tournis
Volatilité extrême sur le brut cette semaine, qui décrochait violemment lundi, touchait un point bas à 46,70 $ mercredi (contrat WTI juin) avant de clôturer au-dessus des 50 $ en fin de semaine.

Le pétrole a été soutenu par les marchés actions et par la faiblesse du dollar, qui est passé de 1,30 $ à 1,33 $ pour un euro entre le début et la fin de la semaine.

Côté fondamental, rien de nouveau. Le stock de brut américain continue de gonfler. Et l'OPEP continue de diminuer sa production pour atteindre ses objectifs en terme de quotas, mais moins rapidement qu'auparavant (selon le cabinet Oil Movements).

Livraison juin, le WTI affichait vendredi en fin de journée 51,46 $ sur le NYMEX et le Brent Crude 51,86 $, même échéance et sur l'ICE.

2. Métaux précieux : la Chine souffle le chaud sur l'or
Le métal jaune est revenu cette semaine jusqu'à 910 $ vendredi, interrompant momentanément sa tendance baissière -- il était descendu la semaine précédente à 865 $.

Deux raisons à cela : la faiblesse du dollar et la volonté de la Chine d'accroître ses réserves d'or. Elle aurait porté ses réserves à 1 054 tonnes et ses objectifs sont ambitieux. Les investisseurs s'attendent à ce qu'elle aille plus loin encore.

Si elle ne voulait convertir que 5% de ses réserves -- actuellement détenues en dollars -- en or, il lui faudrait acheter 2 500 tonnes de métal jaune, soit l'équivalent d'un an de production minière ! Or son objectif est de plus du double de mémoire. Pour l'instant, la Chine détient 2% de ses réserves seulement en or. C'est très peu, surtout quand on connaît les menaces de dépréciation qui pèsent sur le dollar, sa monnaie de réserve.

Pour information, depuis 2003, la Chine a fait croître de 76% ses réserves d'or, soit de 454 tonnes. Nul doute que la Chine ne s'arrêtera pas là.

Autre élément de soutien à l'or actuellement : le redémarrage de la demande des bijoutiers, notamment en provenance d'Inde.

Les perspectives ?

La semaine dernière, Marc Dagher écrivait dans l'Investisseur Or & Matières que "la légère reprise intermédiaire attendue en direction des 904 $ est bien en train d'avoir lieu. Une nouvelle vague de baisse reste privilégiée tant que la résistance clé située sur les 922 $ n'est pas nettement dépassée. Ce niveau correspond en effet à la fois au fort retracement de Fibonacci de 61,8% de la dernière jambe de baisse et à la fois au croisement des moyennes mobiles précitées".

Ce matin, l'or est monté jusqu'à 919 $ quasiment avant de revenir à 912 $ au moment où je vous écris.

[NDLR : L'or est encore et toujours LA valeur à détenir pour traverser la crise ! Grâce aux conseils de nos spécialistes, vous aurez entre les mains les meilleurs supports pour profiter de la hausse de l'or : pièces, lingots, certificats, minières ou trackers... Quels qu'ils soient, l'objectif est de doubler vos : voici concrètement comment procéder...]

Dans le sillage de l'or, l'once d'argent a fortement regagné du terrain sur la semaine, amplifiant le mouvement de l'or.

En revanche, cette semaine, les platinoïdes ont pâti de prises de bénéfices.

Cours à
3 mois
Vendredi
17/04/2009
Vendredi
24/04/2009
Variation / semaine
 Aluminium* 1 486 1 457 -1,95%
 Cuivre* 4 805 4 470 -6,97%
 Plomb* 1 555 1 435 -7,72%
 Nickel* 12 825 11 550 -9,94%
 Etain 12 250 12 600 2,86%
 Zinc* 1 557 1 420 -8,80%
 Acier (Méditerranéen) 330 335 1,52%
 Or (spot) 867,30 912,70 5,23%
 Argent (spot) 11,86 12,92 8,94%
 Platine (spot) 1 211,30 1 178,50 -2,71%

* cours en $ sur le LME à trois mois

3. Métaux de base : consolidation et prises de bénéfices
A l'exception de l'étain, les métaux de base ont fortement corrigé cette semaine. Il faut dire qu'ils avaient gagné beaucoup de terrain ces derniers temps et une consolidation était inévitable. La hausse a été rapide et violente, des prises de bénéfices sont logiques.

Je ne vais pas m'attarder sur cette classe d'actifs, l'ayant largement traitée vendredi dernier.

Notez juste que l'étain est soutenu par des baisses de production et un niveau de stock moindre que les autres métaux.

4. Soft commodities : météo, quand tu nous tiens...
Cette semaine, la météo aura été incontestablement un facteur de soutien.

Sur la ceinture de maïs aux Etats-Unis, Illinois compris, on ne s'attend pas à une amélioration des conditions climatiques. La pluie est à l'oeuvre et empêche les agriculteurs de semer. Les plantations sont donc retardées. Or plus on attend, plus il y a de risque de voir les rendements futurs diminuer pour cause de plantation tardive. Le contrat juillet est ainsi revenu jusqu'à 3,89 $ sur le CBOT la semaine dernière.

Autre facteur de soutien : les fortes exportations américaines, dopées par l'affaiblissement du dollar.

D'un autre côté, la décision des autorités californiennes visant à limiter les émissions de gaz à effet de serre (GES) pèse sur l'industrie de l'éthanol.

Livraison mai, le maïs terminait la semaine à 3,79 $ le boisseau sur le CBOT, soit en très légère hausse sur la semaine.

Le blé a lui aussi été soutenu quatre jours durant par les pluies massives qui inondent les plaines du grand nord américain. Ce qui rend difficile les semis de blé d'été, et entraîne des retards.

Vendredi, livraison mai, le boisseau de blé cotait 5,31 $ le boisseau sur le CBOT, en légère hausse lui aussi.

Le soja, qui avait fortement progressé ces derniers temps, a quant à lui consolidé légèrement cette semaine, du fait de prises de bénéfices évidentes. Et puis, les investisseurs se disent que si les agriculteurs n'arrivent pas à planter en temps et en heure leur blé et leur maïs, ils se reporteront sur le soja, qui n'est planté qu'en juin. Ce qui pèse sur la tendance.

Vendredi, livraison mai, le soja cotait 10,43 $ le boisseau sur le CBOT, en léger repli sur la semaine.

 
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