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Solaire : cinq bonnes raisons d'investir
par Sylvain Mathon
Jeudi 26 mars 2009
Hier, je vous ai fait part de la problématique du solaire. Aujourd'hui, je vais vous donner cinq bonnes raisons d'y croire et d'y investir.
1. Le potentiel en termes de rayonnement est impressionnant
Nous sommes suffisamment exposés aux rayonnements solaires pour couvrir, très largement, la totalité de nos besoins énergétiques.
En Europe, on estime le rayonnement annuel à 1 000 kWh/m2, tandis qu'au Moyen-Orient, ce chiffre peut atteindre les 1 800.
Selon l'AIE, il suffirait de couvrir 4% des déserts du globe de panneaux solaires pour faire face aux besoins de la planète. Soyons réalistes : 4%, c'est énorme, sans parler des difficultés de stockage et d'acheminement de l'électricité produite. Mais cet exemple théorique vous donne une idée des gisements de croissance pour le secteur.
2. Les avancées techniques sont rapides et permanentes
D'année en année, les cellules photovoltaïques sont moins chères et plus efficientes. Et le solaire thermique lui aussi – j'y reviens plus bas – engrange des progrès significatifs.
Certains brevets se focalisent sur l'abaissement des coûts de fabrication, ou bien le recours à de nouveaux matériaux. Cela devrait permettre de contourner un problème récurrent du photovoltaïque, le goulet d'étranglement du silicium.
Cet élément chimique, extrait de la silice, est le semi-conducteur de base des modules photovoltaïques. Il est présent en abondance dans la croûte terrestre, mais d'une extraction difficile et coûteuse. L'installation d'une usine prend deux années en moyenne, ce qui induit des tensions fortes sur la matière première.
La pénurie de silicium qui s'est déclarée dans le secteur à partir de 2005 a boosté l'essor des technologies dites "à film", formées de composés photosensibles, sans silicium, donc moins coûteuse. Les rendements sont encore faibles, mais ils ne cessent de progresser. Et les modules de troisième et quatrième génération sont en route.
3. Compétitivité en hausse : le solaire concurrencera les énergies fossiles
Conséquence directe de ces avancées, les coûts de production diminuent dans tous les compartiments du solaire. Les spécialistes du secteur en sont sûrs : tôt ou tard, très probablement à l'horizon d'une ou deux décennies, les centrales solaires pourront concurrencer directement les énergies traditionnelles.
C'est particulièrement vrai pour le thermique, une technologie globalement moins coûteuse.
En raisonnant à long terme, l'épuisement des ressources en hydrocarbures est inéluctable. Une récente étude, publiée par des chercheurs d'EDF, table sur le retour de la pénurie à l'horizon 2015-2020...
4. Les incitations gouvernementales dopent le solaire
Elles restent d'actualité. L'Europe ambitionne de porter sa part de renouvelable à 20% de son mix énergétique à l'horizon 2020 et à 40% à l'horizon 2050.
Mais la nouveauté vient des Etats-Unis : le président Obama entend consacrer 150 milliards de dollars sur 10 ans au développement des énergies alternatives – un chantier qu'il espère voir créer cinq millions de nouveaux emplois. Cet automne, le Congrès américain a déjà voté une loi d'incitation fiscale au développement du renouvelable, pour 18 milliards de dollars.
Cette volonté se traduit déjà dans les faits. Le chantier californien du désert Mojave est relancé : l'Américain BrightSource prévoit d'y déployer un nouveau complexe thermique de sept tours solaires à l'horizon 2013. Le groupe est déjà sous contrat avec Southern California Edison pour la distribution.
5. Le marché mondial est en pleine restructuration
Le solaire a de l'avenir. Bien sûr, les déclarations tonitruantes abondent concernant ce genre du sujet, et il faut se méfier des enthousiasmes trop forts.
Comme simple force d'appoint dans le mix énergétique, le secteur conserve un potentiel largement sous-exploité.
Aujourd'hui, le solaire est dans la tourmente, crise oblige... voilà qui favorisera la consolidation sectorielle et accélérera l'émergence de leaders qui, forts de leurs avancées technologiques, sauront bénéficier d'un contexte porteur à long terme. Les plus faibles disparaîtront.
Les acteurs clés
Fin 2007, il existait 148 000 MW de collecteurs solaires thermiques dans le monde -- pour une écrasante majorité, des installations de chauffage individuelles --, et 8 000 MW de panneaux photovoltaïques.
La Chine est le numéro un mondial du thermique ; concernant le photovoltaïque, l'Allemagne, le Japon, l'Espagne, la Chine et les Etats-Unis se disputent un marché devenu très compétitif.
Le secteur est resté longtemps l'apanage quasi exclusif du Japon, mais il a été récemment battu par l'Allemagne. Engagée de longue date dans le solaire, l'industrie allemande du photovoltaïque (soit 40 000 personnes) occupe désormais le rang de leader mondial à travers la société Q-Cells, devant le Japonais Sharp.
L'Allemagne, leader incontesté
L'Allemagne est aussi le premier installateur au monde, avec plus de 50% du marché global. Le Japon, lui, a vu ses parts du marché photovoltaïque fondre au profit de concurrents chinois et taiwanais très agressifs. Face à l'érosion de leurs marges, les fabricants nippons se recentrent désormais sur des produits à plus forte valeur ajoutée, comme les panneaux solaires à film photosensible, tandis que la Chine accapare aujourd'hui 22% de la production mondiale.
Fulgurante ascension de la Chine
De tous ces acteurs globaux, c'est une fois encore l'empire du Milieu qui retient l'attention. Son ascension est fulgurante : entre 2006 et 2008, pas moins de 10 entrées en Bourse ont permis de lever près de deux milliards de dollars dans le seul secteur du photovoltaïque.
Depuis cinq ans, le taux de croissance de cette industrie oscille entre 100 et 400%.
Aujourd'hui encore, 90% de la production part à l'export. Mais l'indépendance énergétique et les problèmes de pollution sont des enjeux majeurs pour Pékin. Il est inéluctable que le marché domestique se réveille...
Un secteur fondamentalement solide
L'espoir de profits instantanés a beau s'être dissipé et la configuration technique du secteur demeurer incertaine, son orientation au plan fondamental me paraît solide. Reste à voir où nous devrons regarder pour dénicher la pépite.
J'ai ma petite idée là-dessus...
C'est en Chine que je suis allé chercher un titre qui pourrait bien, selon moi, retrouver rapidement sa place au soleil. Une valeur qui croît à l'ombre du leader national Ja Solar...
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