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L'euro prêt à déraper à nouveau
par Jérôme Revillier
Lundi 09 mars 2009

Aujourd'hui, je vous propose d'aborder la notion de quantitative easing avant de vous livrer mon opinion sur l'évolution de l'euro/dollar.

En effet, nous sommes désormais à un point crucial de la crise. La BCE a fait repasser son taux sous les 2% -- un taux historiquement bas -- et s'apprête à l'instar de la Banque d'Angleterre à faire tourner sa planche à billet si nécessaire.

De l'autre coté de la Manche, le taux directeur a été ramené à 0,50%, un plus bas depuis la création de sa banque centrale... en 1694 ! Quant aux gouverneurs de la Banque d'Angleterre, ils ont carrément annoncé un vaste plan de rachat d'actifs, principalement des emprunts d'Etats.

D'où viendra l'argent ? Pas de problème rassurez-vous, la planche à billets est prête.

Qu'est-ce que le quantitative easing ?
Attardons-nous un peu sur le fonctionnement de ce dispositif de rachat d'actifs appelé également quantitative easing. Je vais essayer de faire simple.

La banque centrale concernée imprime de la monnaie et gonfle ainsi d'elle-même son compte en banque. Grâce à cet argent frais, elle rachète des actifs de toute nature. Cet argent est donc injecté dans le système bancaire du pays. Les banques verront ainsi croître leurs liquidités et grâce à cette manne pourront se permettre de prêter plus facilement de l'argent aux ménages et aux entreprises.

Ainsi, indirectement, l'accès au crédit est amélioré et la consommation repart avec une inflation soutenue. Comme vous vous en doutez, cela n'est pas sans risque ni effet secondaire.

Les risques du QE
Le QE (quantitative easing) comme nous l'appelons, comporte un certain nombre de risques potentiellement dévastateurs si le procédé n'est pas parfaitement maitrisé.

Les principaux risques liés à l'augmentation excessive de la masse monétaire sont :

- un retour violent de l'inflation ;
- une baisse de confiance à cause des inquiétudes suscitées par le financement de cette nouvelle dette. Ce qui pèsera sur la livre sterling.

Dans le cas d'une action trop timide, c'est l'efficacité même de la manoeuvre qui est en péril. La principale difficulté sera donc de déterminer le montant de ces créations de monnaie. La Banque d'Angleterre a opté pour 75 milliards de livres sterling. L'avenir nous dira si la dose de morphine monétaire était pertinente...

L'euro prêt à plonger
Mon ami et collègue Henri Baltzer, analyste pour Agora Forex et trader indépendant, me livrait son nouvel objectif pour l'EUR/USD : "il (l'euro face au dollar) est prêt à plonger, on va directement sur les 1,22".

Et comme souvent, je suis tout à fait d'accord avec lui. [NDLR : Pour profiter d'analyses ultra-précises et accumuler les pips grâce aux recommandations détaillées d'Henri Baltzer et Jérôme Revillier : découvrez l'ensemble du service Agora Forex ici-même...]

La zone récemment testée des 1,2450 semble être en train de céder face à la faiblesse d'un euro qui commence à subir les conséquences du changement de ton de la BCE.

L'euro ne bénéficiera pas du soutien dont bénéficie le dollar, car il n'est pas encore une monnaie de référence. A court terme donc, la confiance devrait rester du côté américain et le billet vert va sans doute poursuivre sa route.

Mon objectif : 1,1840

Evolution de l'EUR/USD

La rupture des 1,2450 ouvrirait la voie vers notre premier objectif à 1,2160.

Dans tous les cas, l'euro devrait continuer de souffrir face au dollar américain soutenu par une confiance aveugle en la capacité à rebondir des Etats-Unis.

La suite ? Un retour possible au point de départ de l'euro en 1999 à 1,1840.

 
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