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Rebond de 20% du nickel cette semaine
par Isabelle Mouilleseaux
Vendredi 12 décembre 2008

J'aimerais vous parler aujourd'hui du nickel. Ce fameux métal dont je vous ai tant parlé au printemps 2007 afin de vous alerter sur la bulle qui était en train de dessiner. En mai 2007, la tonne de ce précieux métal s'échangeait au prix fort, à 54 000 $ !

Ce métal est principalement utilisé dans l'industrie de l'acier, et représente 65% de ses débouchés. Grâce à lui on fait de l'inox, ce bel acier inoxydable.

A combien est-il revenu ?
9 175 $ vendredi dernier ! Son prix a été divisé par cinq. Sommes-nous au bout du tunnel ? Je n'en sais rien. En tout cas, les choses bougent.

Figurez-vous que depuis le début de la semaine, le cours du nickel a gagné 20% ! Il est revenu au-dessus des 11 000 $ la tonne. Il faut dire que vendredi dernier, nous étions tombés à 9 175 $ la tonne, un point bas depuis 2002.

Cours du nickel en US $ la tonne sur le LME

Cours du nickel en US $ la tonne sur le LME

Pas de doute, comme les autres métaux de base, le nickel est très sensible aux variations de la conjoncture économique.

Fermetures de mines ; reports des investissements
Les annonces de baisse de production et de fermetures de mines de nickel se multiplient. Le cours du nickel est tombé si bas que nombreuses sont les mines devenues non rentables. Leurs coûts d'extraction sont à présent supérieurs au prix de vente du nickel extrait.

Parallèlement, de nombreux projets de mines de nickel sont reportés, voire annulés, car non rentables au niveau actuel du cours.

Les minières frappent fort
Déjà, au troisième trimestre 2008, les exportations australiennes de nickel sont en repli de 37% par rapport à la même période l'an passé. L'Australie est le quatrième plus gros exportateur mondial de nickel.

Le plus gros producteur mondial, le Russe Norilsk Nickel, a renoncé à exploiter la mine de Cawse en Australie.

Au Canada aussi, les producteurs ferment leurs mines, comme FNX par exemple.

Le Brésilien Vale a réduit sa production indonésienne de 20% pour le trimestre en cours et sa production chinoise à Dalian de 35%.

Xtrata réduit sa production dans sa mine de Falcondo...

La réaction est puissante car le marché concentré
Sachant que la production mondiale de nickel est relativement concentrée sur un petit nombre de producteurs, réduire la production pour l'ajuster à la demande est assez rapide.

La baisse de production pour 2008 atteint déjà 140 000 tonnes en 2008 et devrait encore baisser de 100 000 tonnes l'an prochain.

Ainsi, le marché qui était excédentaire l'an passé de 95°000 tonnes ne devrait plus l'être cette année que de 30 000 tonnes, et de 25 000 tonnes l'an prochain.

Pas de déficit attendu. Reste donc à savoir comment va évoluer la demande.

La sidérurgie broie du noir
L'essentiel du débouché pour le nickel est l'industrie de l'acier (65% de la production de nickel). Or en ce moment, ce secteur souffre terriblement de la chute des commandes. Ses principaux clients appartiennent au secteur automobile et du bâtiment, deux secteurs très touchés par la crise économique. Surcapacités, chute de la demande, la sidérurgie est au plus mal. ArcelorMittal a perdu 70% de sa valeur en Bourse !

Et la Chine ?
Le bureau australien de l'agriculture et des ressources estime que la demande chinoise de nickel devrait être supérieure en 2008 de 20% à ce qu'elle était l'an passé.

Le marché intérieur chinois a de très gros besoins en termes d'infrastructures. Son plan de relance de 600 milliards de dollars sur deux ans vise entre autres à investir massivement dans ce secteur, ce qui devrait le soutenir, et par ricochet la demande chinoise en métaux de base, nickel inclus.

Voilà qui pourrait assurer un minimum de croissance pour le secteur du nickel. Cela sera-t-il suffisant ? Il est trop tôt pour le dire.

J'attends également d'en savoir plus sur le plan de relance d'Obama, qui pourrait, selon les rumeurs, atteindre 1 000 milliards de dollars.

 
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