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par Sylvain Mathon
Vendredi 04 juillet 2008
Plus encore que le secteur de l’or, auquel il est fortement corrélé, celui du diamant dépend à 95% de l’industrie du luxe -- les applications industrielles recourant pour la plupart à du diamant de synthèse.
Les diamants sont éternels...
Vous vous demandez peut-être pourquoi se pencher sur un secteur synonyme d’opulence à un moment de ralentissement mondial annoncé. Il y a plusieurs arguments à cela.
Premièrement, la demande des émergents. Les trois années de rally haussier que nous avons vécues ont généré une richesse et une abondance de liquidités sans précédent.
Le classement Forbes des milliardaires montre, cette année encore, qu’ils sont toujours plus nombreux. La demande pour ce produit de grand luxe n’est pas près de disparaître : ce sont les classes moyennes qui essuieront le ralentissement économique, pas les nouveaux riches dont la fortune est déjà faite.
Un marché mondial en croissance de 5% par an
Pour dessiner les enjeux, sachez que selon les chiffres 2005, le marché du diamant à la vente (bijouterie) était estimé à 64 milliards de dollars annuels.
La Chine était le 4ème acheteur mondial, avec 1,25 milliards de dollars par an. Mais sa demande va tripler d’ici à 2010 ! Sans vous parler de l’Inde... ni de la Russie, ni du Moyen-Orient.
Traditionnellement, les USA constituaient à eux seuls la moitié de la demande mondiale en bijouterie. Le secteur a donc été impacté par les difficultés du subprime mais aujourd’hui, la donne a changé. Selon le Directeur Général de De Beers, le n°1 mondial du diamant, la demande des émergents est d’ores et déjà en mesure de compenser, en l’excédant, la baisse de la demande américaine.
Le marché mondial de la bijouterie diamantaire devrait grossir de 5% au minimum chaque année !
Le diamant, les néo-milliardaires en raffolent...
C’est un bijou rare, un signe marquant de richesse, un placement sûr (plus encore que l’or), un refuge contre l’inflation... et un « coffre-fort » peu encombrant.
Le monde financier se penche à son tour sur le « caillou magique ». Signe qui ne trompe pas : plusieurs projets sont en chantier pour constituer un marché de produits dérivés sur le diamant.
En route vers le diamond peak ?
Il faut dire que, parallèlement à une demande en augmentation constante, l’offre est sous pression. Nous retrouvons là des mécanismes fondamentaux d’un marché de matières premières. Les réserves mondiales de carbone naturel pur sont limitées ; les ressources s’épuisent.
Selon les analystes, les grandes mines diamantifères pourraient trouver leur peak d’ici une vingtaine d’années. C’est le cas en Afrique du Sud, 5ème producteur mondial en volume, et 2ème en valeur, qui comprime sa production minière.
Bien sûr, l’alternative offerte par le diamant synthétique ôte à peu près toute utilité au diamant naturel... mais sa valeur d’échange reste imbattable et attire les investisseurs.
Quatre pays font 80% de la production
Le diamant limpide a toujours charrié des échos opaques : puissance, corruption, trafics... et cartels. Aujourd’hui, quatre pays se partagent près de 80% de la production mondiale : Russie, Botswana, Australie et Chine. En valeur, c’est le Botswana, la Russie, le Canada, l’Angola et l’Afrique du Sud qui sont en tête.
Trois groupes accaparent à eux seuls les trois-quarts de cette production : le géant sud-africain De Beers (la moitié de la production mondiale en valeur) ; le russe Alrosa (société d’Etat, il va de soi) et l’anglo-australien Rio Tinto. Dire que ces trois grands acteurs exercent un certain contrôle sur les prix serait un euphémisme.
Entre l’extraction et l’écrin, le prix est multiplié par cinq !
A la sortie des mines, le marché pèse dans les 13 milliards de dollars annuels... Pour 64 milliards à la vente en bijouterie. Entre l’extraction et l’écrin, le prix aura fait près de cinq fois la culbute ! Notons tout de même que le prix du diamant brut augmente beaucoup plus vite que celui du diamant taillé...
Mais le temps des grands cartels est en train de passer
De petits concurrents s’installent. Et les pays producteurs, soucieux de renationaliser leurs ressources, imposent des contraintes toujours plus fortes aux exploitants.
C’est le moment d’en profiter
Le marché du diamant est donc en train d’opérer sa mue vers plus de transparence, de compétitivité... et de volatilité. Cette fragmentation implique aussi davantage de risques...
Bref, les choses bougent dans le monde feutré du caillou blanc : et c’est le moment sans doute d’en profiter. Plutôt que de vous pencher sur Anglo-American, le n°1 mondial qui détient la société De Beers, je vous conseille de vous tourner vers l’un de ces nouveaux entrants, un pure player du secteur...
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