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Le petit métal stratégique qui monte, qui monte... (II)
par Simone Wapler
Jeudi 17 janvier 2008

Dans le dernier Edito, je vous livrais mes anticipations pour l'or en 2008. Poursuivons aujourd'hui avec les métaux précieux, stratégiques et le pétrole...

L'argent a connu un beau sursaut
Mais il reste quand même à la traîne du métal jaune sur le long terme. Je maintiens mon analyse de fin décembre : je ne pense pas que l'argent fasse mieux que l'or en 2008. Ponctuellement, il pourra cependant connaître des bonds plus spectaculaires que le métal jaune.

Cours comparés des métaux précieux : quelques points de repère
En ce début d'année, une once d'or achète :
- 56,55 onces d'argent
- 0,56 once de platine
- 2,29 onces de palladium

Au début de l'année 2007, une once d'or achetait :
- 49 onces d'argent
- 0,56 once de platine
- 1,92 once de palladium.

Le cours des platinoïdes est entraîné par la lutte contre la pollution automobile.
Comme son concurrent Nissan, Mazda vient de confirmer que le recours aux nanotechnologies lui permettait désormais de réduire de 70 à 90% la masse de platine ou de palladium nécessaire aux pots catalytiques.

L'efficacité étant proportionnelle à la surface des particules, les nanoparticules développées par le constructeur automobile (moins de 5 nanomètres de diamètre) permettent de multiplier la surface sans augmenter le volume utilisé. Leur taille permet également de les enchâsser dans la céramique-support afin de les empêcher de s'agglutiner. L'efficacité dans le temps est donc plus durable qu'avec les revêtements catalytiques classiques.

Le cours des platinoïdes pourrait donc connaître un recul dès cette année. L'industrie automobile consomme 4 millions d'onces pour une production un peu inférieure à 9 millions d'onces.

Métaux stratégiques : le cobalt en surchauffe
Durant le dernier semestre de 2007, le prix du cobalt a augmenté de 50%. Ce métal reste pour le moment un produit dérivé des mines de nickel et de cuivre.

L'explication de la hausse réside dans la montée en puissance des véhicules hybrides. Les batteries de ces véhicules utilisent du nickel, du cobalt et du lanthane.

En 2008 le marché deviendra déficitaire si la production n'augmente pas de 25%. Le substitut possible serait le lithium.

Comment profiter de cette hausse ?
Il faut investir dans des juniors qui ne sont même pas encore au stade de la production pour obtenir une exposition directe au cobalt : Fortune Mineral et Geovic sont deux valeurs potentielles cotées. Mais les volumes de transaction sont encore très faibles. Je pense vous reparler des acteurs du cobalt lorsque le marché aura un peu mûri.

Énergie : le pétrole à nouveau objet de spéculation
Dans le dernier numéro 2007 de L'Investisseur Or et Matières, j'écrivais : "comme la production de pétrole devient de plus en plus difficile et coûteuse, les prix sont inéluctablement haussiers".

Ce constat induit deux conséquences :
- Le pétrole va continuer à faire l'objet de spéculation.
- L'inflation va devenir de plus en plus visible.

La spéculation n'a pas tardé à refaire surface : le baril a franchi le seuil des 100 $ dans des volumes très faibles. Face à la rechute du dollar, les jeunes loups de Wall Street, de la City londonienne et d'autres places financières de la planète se sont abrités derrière ce qu'ils connaissent : l'or noir.

Les faibles volumes de transaction tendent à prouver que, pour le moment, ce n'est pas l'inquiétude des consommateurs finaux qui mène la hausse.

Le pétrole constitue un actif dont la hausse est prévisible
Le Pakistan est un acteur mineur de la production pétrolière (60 000 barils par jour, moins que la Hollande) ou de la consommation (350 000 barils par jour comme la Suède). En revanche, le Pakistan est un des pivots de la lutte contre le terrorisme islamique. Une instabilité au Pakistan pourrait contaminer l'Iran et l'Arabie Saoudite. C'est le raisonnement qu'ont pu tenir les spéculateurs.

Mais le fond du "raisonnement" actuel est que le pétrole constitue un actif dont la hausse est prévisible, au contraire de beaucoup d'autres (le dollar ou les actions).

Visiblement, tous les spéculateurs ne sont pas encore prêts à chercher refuge vers l'or. Le revirement de mentalité n'est pas mûr, ce qui est un signe que l'or n'est pas encore dans sa troisième phase haussière.

 
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