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Le riz atteint un nouveau record
par Isabelle Mouilleseaux
Vendredi 11 janvier 2008
Cher lecteur,
Je suis désolée de n’avoir pu être des vôtres hier. J’ai laissé ma plume à Sylvain Mathon qui a certainement su retenir toute votre attention avec l’incroyable potentiel du marché de l’eau dans les années à venir.
J’ai consacré ma matinée à l’or. Plus précisément, j’ai découvert pour vous une nouvelle façon d’acheter de l’or « physique », à des prix défiants toute concurrence. Vous allez adorer.
[NDLR : Vous pouvez d'ores et déjà acquérir des certificats, minières et autres supports qui vous permettront de profiter dès maintenant du potentiel explosif du secteur aurifère... Pour en savoir plus, il suffit de cliquer ici...]
Je vous promets de vous en faire part rapidement. Mais je veux d’abord m’assurer du sérieux de cette société, de sa transparence, de l’honnêteté de ses dirigeants et surtout, surtout des protections juridiques qui couvrent le client qui ouvre un compte d’or physique (au cas où l’entreprise devait faire faillite par exemple). Je les ai donc rencontrés hier pour vous.
Mais revenons à notre Edito du jour…. Parlons riz.
Le riz est l’aliment de base de 50% de la population mondiale. 90% de la production mondiale de riz est consommée en Asie. Dans certaines régions d’Asie, le riz représente jusqu’à 80% de l’alimentation principale.
Factuel et implacable
J’adore le riz. A l’indienne avec curcuma et curry, à la japonaise avec du vinaigre de riz et de la sauce de soja, en galettes ou soufflé au petit déjeuner…. Le riz est la base de mon alimentation (les autres céréales me sont inaccessibles pour cause d’intolérance au gluten).
C’est vous dire à quel point je suis le riz de près. Et mon constat est factuel et implacable : les prix du riz grimpent en flèche depuis 6 mois. Un seul exemple : le paquet de galettes de riz que j’achetais avant l’été 1 euro en vaut 1,46 aujourd’hui. J’ai du mal à m’y faire…
Nouveau record absolu pour le riz
La dernière fois que je vous ai parlé du riz, c’était le 14 décembre. Le contrat future sur le riz coté aux Etats-Unis sur le Cbot venait d’atteindre un niveau record à 13,45 $ le quintal. Et ma conclusion était la suivante : nous sommes dans un grand trend haussier. Ca va continuer.
Pour l’instant, Monsieur le Marché me donne raison. Le riz a atteint l’incroyable cours de 14,69 $ le quintal sur le Cbot, livraison mars. Il est donc non seulement dans un grand trend haussier de long terme, mais en plus, il est dans un cycle court terme de très forte hausse.

Cours du riz à trois mois, sur le Cbot. En US cents.
La situation côté offre est plus tendue que jamais
Conditions climatiques déplorables, attaques en règle de la vermine qui se plaît dans des conditions de réchauffement, vous imaginez le tableau. Les rendements et la production sont en fort recul. Du coup, les exportations du Vietnam, deuxième producteur mondial de riz, sont en baisse. Or c’est le plus grand exportateur de riz avec… l’Inde.
Troisième producteur mondial de riz, et second plus gros exportateur de riz, l’Inde souffre tout autant que son concurrent. La sècheresse a fait chuter ses rendements. A tel point que les pouvoirs publics ont interdit les exportations de riz, à l’exception de la variété « basmati » pour l’instant. Il faut satisfaire en priorité la demande interne ! Donc les exportations s’affichent en baisse.
La Chine aussi souffre. Mais c’est plus discret…
Le stock mondial atteint un niveau alarmant
A votre avis, que peut-il bien se passer quand les deux plus gros exportateurs mondiaux de riz (Vietnam et Inde) réduisent leur offre ? Les stocks mondiaux fondent comme neige au soleil.
Les dernières anticipations de l’USDA font froid dans le dos. A la fin de la saison 2007/2008 (fin juin prochain), le stock aura probablement atteint sont plus bas niveau depuis 1983, à 72 millions de tonnes. A rapporter à une production mondiale de quelque 600 millions de tonnes.
Qui profite de la situation ?
Les Américains et les Thaïlandais. C’est à eux qu’incombe la lourde tâche d’assurer l’approvisionnement du monde en riz, étant donné les aléas subis par leurs deux principaux concurrents. Or l'USDA a été claire sur un point : 59% de la récolte 07/08 ont déjà été exportés. Il faudra tenir avec le solde restant jusqu’à l’été prochain.
Les Philippines enfoncent le clou !
Le mois dernier, ce pays a acheté plus de 420 000 tonnes de riz et ce mois-ci, il prévoit d’acheter 550 000 tonnes de riz supplémentaires. Pourquoi ? Tout simplement parce que le pays est convaincu que le prix du riz va augmenter dans les mois à venir. A l’image de l’écureuil, il remplit ses réserves avant que les prix n’explosent davantage encore.
Les Philippines devraient importer pas moins de 1,8 millions de tonnes de riz selon l’USDA ! Le stock mondial n’est pas prêt de reprendre du poil de la bête…
Les fermiers américains ne sont toujours pas enclins à produire plus de riz
A moins que les prix du riz ne grimpent davantage encore ! Ou que les cours du soja, du blé et du maïs ne se mettent à dégringoler, ce qui est à mon avis fort improbable !
Car la culture du riz est très difficile et onéreuse de surcroît, gourmande en eau et en énergie (deux postes de plus en plus chers). Cela m’étonnerait franchement que les fermiers US réduisent les terres consacrées à la culture des soja, blé ou maïs pour les consacrer au riz. N’y comptez pas trop.
La demande est de plus en plus forte
Toujours selon l’USDA, il devrait s’échanger sur les marchés 29,6 millions de tonnes de riz. Un record ! Le chiffre est en hausse de 3% sur l’année. Pourquoi ?
Parce que les pays producteurs doivent importer. Mais aussi parce que le niveau de vie des populations asiatiques s’améliore (ainsi qu’au Brésil). Leur pouvoir d’achat en hausse accroît leur capacité de consommation, et fait pression à la hausse sur les prix. Même aux Etats-Unis et en Europe, la demande est à la hausse.
S’ajoute enfin « l’effet de substitution » : le prix du blé devenant lui aussi prohibitif, les populations asiatiques se reportent davantage encore sur le riz, plus compétitif pour l’instant.
Jusqu’où ira le cours du riz ?
Je n’en sais rien. Mais si l’on analyse les fondamentaux, le riz est parti pour être une denrée onéreuse. Comme le blé, le maïs ou l’eau. Je suis malheureusement haussière sur le riz dans les mois à venir.
Et ce n’est pas Jim Rogers qui me contredira sur ce point. Ce gourou incontesté des matières premières est lui aussi carrément haussier sur les « grains » dans les mois et années à venir.
Rassurez-vous, je ne me mets pas encore à la diète… au menu ce soir : brochettes de poulet et riz à la japonaise !
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