Favoris Ajoutez à vos favoris       Favoris L'Edito Matières Premières & Devises en page d'accueil
Les ressources naturelles et les devises enfin à la portée des investisseurs individuels !
AccueilThématiquesArticlesRédacteursRapports SpéciauxAidePublicationsS'abonner

Tous les facteurs que j'ai identifiés ne montrent qu'un seul sens : la hausse
par Sylvain Mathon
Jeudi 21 juin 2007

Vous trouverez ci-après un article de Sylvain Mathon sur le blé. Article paru fin mai dans sa lettre Matières à Profits. Il y prévoit très clairement l'envolée du blé... et force est de constater qu'il avait raison. Lisez-le. Il vous donnera un éclairage intéressant sur ce grand marché qu'est le blé.
Isabelle Mouilleseaux

C'est la ruée sur le maïs ? Pensez au blé !
Je vous en ai parlé dans mon mail hebdomadaire : le dernier rapport de l'USDA (ministère américain de l'Agriculture) sur l'ensemencement 2007/2008 montre un engouement sans précédent pour le maïs, conséquence logique des déclarations du Président Bush en faveur du bioéthanol.

Le nombre d'hectares consacré au maïs est passé de 31,7 millions en 2006/2007 à 36,6 millions pour cette année. Du jamais vu depuis 1944 ! Même les états du Sud – où cette culture était secondaire, voire inexistante – s'y sont mis...

Suite à cette publication, les cours ont baissé dans un premier temps, entraînant avec eux l'ensemble des céréales – et notamment le blé. Logique : le maïs est un marché phare qui influe sur les autres – un market driver.

Par exemple, les éleveurs recourent aussi bien au maïs qu'au blé pour nourrir leur bétail. La baisse de l'un rend l'autre moins attractif – et la demande fait chuter ce dernier à son tour.

Dans un second temps, les cours du blé ont rebondi. S'il y a davantage de terres pour le maïs, il y en a moins pour les autres cultures...

... Mais si je me fie à mon instinct de marché, l'engouement pour le maïs me paraît de très bon augure pour le blé : quand la mode dicte sa loi, quand tout le monde est dans le même sens... c'est alors que surgissent les distorsions de marché... et les opportunités de profit.

Le blé : une histoire passionnante...
Je vais donc vous parler de la plus vieille céréale du monde -- la plus mythique aussi, la plus riche de symboles pour notre civilisation occidentale : le « roi-blé ». Le « dieu qu'on mange » (expression de l'historien des croyances J.-G. Frazer) est aussi le soft fétiche des traders, avec lequel ils ont l'histoire d'amour la plus durable...

Et c'est vrai que c'est un marché passionnant. Laissez-moi vous en brosser un panorama rapide.

Des fondamentaux long terme solides
En France, l'Office National des Grandes Cultures, peu après l'USDA, a signalé des stocks de blé en baisse de 450 000 tonnes. Du coup, les cours se sont envolés à plus de 160 € la tonne ! La France a beau en semer plus que jamais, nous avons le blé le plus cher du monde...

Il faut dire que notre position en Europe nous met en face d'une large demande – chose moins facile pour les USA, handicapés par les coûts de fret. Or les blés concurrents (Bulgarie, Roumanie, Ukraine) sont à la peine : on parle de rendements en baisse de 20% à 30%, pour cause de sécheresse.

Et la demande semble insatiable – notamment en Afrique du Nord, où la sécheresse a décimé les cultures domestiques. Le Maroc enregistre un déficit de production de 7 millions de tonnes...

La politique énergétique américaine, la croissance effrénée des économies indienne et chinoise, la sécheresse au Maghreb, ajoutées à l'augmentation du coût du fret – tous ces facteurs déterminent le prix de la baguette chez notre boulanger.

A l'heure du réchauffement planétaire et de la surpopulation, l'histoire plusieurs fois millénaire du blé recommence – et, modernité ou pas, le boisseau n'a pas fini de faire parler de lui. Le Conseil International des Céréales annonce pour 2007 un bilan production / consommation de blé en déficit de quelque 17M de tonnes.

Certes, les stocks sont encore abondants. Mais les réserves mondiales en céréales ont diminué de 20% cette année...

L'alimentation humaine absorbe 58% de la consommation de blé ; les fourrages, 34%, et le reste est destiné aux usages industriels (notamment biocarburants). Ce sont ces derniers qui tirent actuellement la demande.

Sur ce marché tendu, le moindre problème de production – suite à un aléa climatique, par exemple – engendrera inéluctablement un squeeze à la hausse sur les prix.

... Méfiez-vous des petites filles !
Or figurez-vous que le climat s'en mêle. Les salles de marchés dédiées aux céréales scrutent davantage l'état du ciel, en ce moment que celui de la courbe des prix. Tous les yeux sont rivés sur la Niña.

Vous connaissez sans doute El Niño, mais le « petit garçon » a aussi un pendant féminin : la Niña. Cette perturbation climatique est un véritable fléau agricole et humain. En 97-98, puis en 2002-2003, la Niña a inondé des dizaines de milliers d'hectares en Asie (Chine, Corée, Bangladesh) et tué des milliers de personnes. Comme El Niño nous a revisités cet hiver 2006-2007, sa petite sœur est attendue pour l'été.

Elle pourrait provoquer des cyclones tropicaux dans le Pacifique, des ouragans dans l'Atlantique et le Golfe du Mexique, et enfin un régime plus sec dans l'est de l'Amérique du Sud (Brésil) et dans les plaines centrales d'Amérique du Nord.

De plus en plus d'observateurs pensent que ce phénomène climatique va provoquer cet été de fortes chaleurs, néfastes pour les cultures du Midwest.

Si vous n'êtes toujours pas convaincu qu'il y a de quoi tabler sur une hausse des cours du blé, laissez-moi vous montrer ce qu'en pensent les marchés à terme.

Analyse technique : les boisseaux s'envolent !
Analysons le graphique des contrats futures représentés en continu (c'est-à-dire mis bout à bout) sur le blé, coté à Chicago. Le prix s'exprime en cents américains par boisseau (bushel).

De l'envolée...à la consolidation
Fin septembre, la cotation, sur une vive accélération, est sortie par le haut d'un ample triangle. Ce signal haussier est d'autant plus fort que la figure graphique existait depuis quatre ans. Le potentiel de hausse, équivalent à une fois l'amplitude du triangle rapportée à sa sortie, se situe autour de 570 cents.

Après un plus-haut à 550 cents en novembre, une consolidation a eu lieu, accentuée par la publication de l'USDA début avril.

Rebond pérenne en vue
Je considère que le point bas marqué vers 410 cents fin avril est ce qu'on appelle un pullback de confirmation – le « dernier retour avant rebond » – contre la ligne supérieure du triangle. Que l'on n'ait pas réintégré ce triangle prouve que la hausse est pérenne au-dessus de ce niveau clé.

La solidité de ce niveau est renforcée par la présence d'une droite de support, qui joint à trois reprises les points bas de la dernière hausse.

En outre, le Macd est revenu sur sa ligne de neutralité (0) et tente de rebondir.

Enfin, en zoomant sur la dernière phase, le prix s'est affranchi d'un canal descendant, dont le potentiel de sortie se situe lui aussi autour de 570/575 cents. Un pullback est en cours... mais il pourrait se prolonger jusqu'à à un petit support à 450 cents sans grand danger.

Tous ces facteurs que j'ai identifiés ne montrent qu'un seul sens : la hausse.

 
Note : Cet article vous a plu ? Pour recevoir par e-mail l'édition complète de L'Edito Matières Premières & Devises, il suffit de vous inscrire.